Edito

La France dans l’impasse, La Réunion encore davantage

J.B. / 1er avril 2014

Quelques heures après l’annonce des résultats des élections municipales, la journée de lundi a commencé par un coup de tonnerre : le déficit public est plus important que prévu.
D’après l’INSEE, le déficit public annuel en 2013 est de 4,3% au lieu des 4,1% prévus par le gouvernement. Cette donnée éloigne encore davantage l’objectif de repasser en dessous de la barre des 3% en 2015. Si cet engagement pris vis à vis de l’Union européenne n’est pas atteint, alors la France pourra subir des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension des fonds européens. Pour La Réunion, une telle éventualité est catastrophique.

Dans le détail, la dette publique a augmenté de 84 milliards d’euros l’an passé. La hausse découle davantage des collectivités locales que de l’État au dernier trimestre 2013. Quant à la dépense publique, elle a continué d’augmenter.
La dette s’élève donc à plus de 1.900 milliards d’euros, elle dépasse 93% de la richesse produite par la France en une année.

Ces données fixent le cap du nouveau gouvernement. Le pacte de responsabilité et les 50 milliards d’euros d’économies ne seront pas suffisants pour tenir les engagements pris envers l’Union européenne. Rappelons que le budget 2014 prévoyait pour la première fois depuis des décennies une baisse de la dépense publique. Cet objectif n’est pas atteint. C’est cette politique qui coûte au pouvoir une déroute électorale. Force est de constater que la pause annoncée dans ces mesures impopulaires ne pourra pas intervenir, sauf à remettre totalement en cause la répartition des efforts entre les différentes classes sociales. Mais la ligne fixée par le chef de l’Etat n’est pas de cette nature, priorité est donnée aux entreprises et pas aux plus pauvres.

Cette crise de la dette publique pousse la France dans l’impasse d’une politique d’austérité qui aggrave les difficultés. A La Réunion, c’est la confirmation d’une impasse encore plus grande. Ceux qui ont misé sur des promesses inconsidérées pour se faire élire ou réélire sont face à un mur. Le nouveau gouvernement ne manquera pas de se saisir de cette dernière étude de l’INSEE pour imposer encore davantage de restrictions aux collectivités, car ce sont elles qui sont désignées premières responsables de l’aggravation du déficit public. Comment alors satisfaire les immenses attentes exprimées lors des municipales à La Réunion ?

J.B.


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