Edito

La France n’est pas suffisamment « entrée dans l’Histoire moderne »

J.B. / 9 juin 2014

Les cérémonies entourant le 70e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie en 1944 vont laisser beaucoup de traces d’amertumes dans le monde entier. En particulier, en Afrique et dans les anciennes Colonies, des voix s’élèvent pour dénoncer « les oubliés » de la cérémonie commémorative. Pourquoi la France a-t-elle choisi une position réductrice de cet événement mondial et pourquoi s’enferme-t-elle dans l’isolement de l’Histoire contemporaine, moderne ?

Habituellement, les cérémonies commémoratives servent à tirer des leçons des évènements tragiques pour éviter leur reproduction. La France a choisi d’inviter quelques chefs d’Etat et a superbement oublié les autres. Si bien, que cela donnait l’apparence d’une cérémonie de Blancs entre Blancs. Cela fait penser aux guerres coloniales lancées contre les peuples qui s’étaient distingués dans la libération de la France face aux Nazis. Les combattants africains, frères d’armes des Blancs, ont reçu quelques émoluments quand quasiment la totalité d’entre eux était déjà mort.

Le faste avec lequel la France a organisé la cérémonie est un scandale supplémentaire devant l’insupportable souffrance que vivent les peuples sacrifiés qui ont tant donné à la France pour recouvrir sa Liberté. Dans le monde moderne et globalisé, de plus en plus transparent, l’Histoire consiste à rassembler le plus grand nombre. Tel n’est pas le chemin envisagé. Et, les journaux africains ne perdent pas une miette de l’insolent banquet. Tenez, Al Watan, Algérie, titre : « Les Africains en général et les Maghrébins en particulier demeurent les grands oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Un journal de Conakry, en Guinée, écrit : « L’Afrique « débarquée » .

Cela se passe de commentaire... sur le retard pris par la France pour « entrer dans l’Histoire moderne ».

J.B.


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