Edito

La gabegie régionale face à la récession économique et la rigueur budgétaire

J.B. / 15 novembre 2012

Dans le dernier magazine de la Région, « Réunion MAG », la parole est donnée à des usagers qui ont reçu l’aide de l’institution régionale appelée « continuité territoriale ». Il semble qu’ils aient été invités par le Président de la Région à dire tout le bien qu’ils pensaient du dispositif en cours. L’opération de Com est d’un cynisme parfait.

Tout d’abord, la continuité territoriale est un principe qui relève de la responsabilité de l’État qui doit assurer l’égalité entre les citoyens, en matière de déplacement. Le financement doit relever de la responsabilité de l’État, et non du Conseil régional. L’exemple vient de la Corse. Pour nos départements domiens, l’État a organisé un prélèvement sur les tickets d’avion des passagers pour financer sa quote-part. La Région a souhaité compenser la somme insuffisante. Au total, le dispositif est devenu un véritable gouffre pour les finances de la collectivité, et pose la question de sa légitimité au regard de la Cour des comptes.

En effet, interrogées pour le “MAG”, certaines personnes se sont laissées aller à une opération radio-trottoir. Une dame nous apprend ceci :  «  J’ai bénéficié de la continuité à plusieurs reprises et notamment lorsque j’ai dû me rendre en métropole pour la mort de mon père  » . Or, le dispositif actuel n’existe que depuis 2 ans. Cela veut dire qu’elle en a bénéficié plusieurs fois par an. Un entraîneur sportif déclare : «  je voyage une quinzaine de fois par an et à chaque fois, il faut redonner des pièces… » . Il aurait aimé les voir enregistrées pour être plus « commode » .

Ces déclarations viennent illustrer ce que l’opinion connaissait déjà : ce dispositif est une gabegie. Comment des personnes peuvent-elles se voir octroyer plusieurs billets dans l’année ? C’est devenu un trafic pour aller vers d’autres destinations. Un monsieur dit qu’il va jusqu’à Paris, puis il prolonge vers la Guadeloupe. Mais, il aurait pu aller à Las Vegas. Toutes les options sont possibles.

En fait, Didier Robert est pris dans un engrenage à la veille de l’assemblée plénière de la Région. Les dépenses ont explosé : 26 millions d’euros ont financé une opération qui n’a pas 2 ans d’âge alors qu’au départ de l’actuelle mandature, 9 millions avaient été inscrits. L’aide publique est accordée même à des personnes faisant partie des 10% les plus riches de la société réunionnaise, dont le seuil de revenu est supérieur à 2.800 euros mensuels ! L’introduction du critère de quotient familial pour plafonner les aides s’élève à 26.000 euros par individu.

En pleine récession économique réunionnaise et devant les budgets de rigueur, il est vraiment indécent de parader avec un tel état d’esprit : le gaspillage de l’argent public.

J.B.


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