Edito

La grande leçon de la jeunesse unie des iles de l’océan Indien

Ary Yée Chong Tchi Kan / 10 août 2016

Tous les observateurs honnêtes ont souligné la bonne tenue des Jeux des Jeunes de l’Océan Indien à Madagascar. Il a suffi pour cela de respecter la Charte des Jeux. L’ambiance était à l’amitié et à la fraternité. La jeunesse de l’océan Indien vient d’infliger une belle leçon d’unité à l’esprit étroit et colonialiste de Patrick Kanner, ministre des Sports, représentant officiel du gouvernement français.

Rappelez-vous, c’est lui qui avait gâché les Jeux des Iles de l’Océan Indien. Il avait fait un déplacement de 10 000 kilomètres pour allumer la flamme du désordre entre nos jeunes sportifs. Il n’a pas hésité à dire que “la Charte n’était pas une bible”. Sans la sensation extrême de trouver des colonisés pour l’applaudir, un ministre des Sports ne se serait jamais permis de proclamer de telles inepties.

Pourtant, si Mayotte était inscrite dans la Charte des Jeux, c’est bien grâce à la grande générosité des Comores et à leur esprit d’ouverture. Car, malgré le contentieux territorial, le gouvernement des Comores n’a pas voulu pénaliser les jeunes Mahorais. La Charte des Jeux a été modifiée pour tenir compte de cette réalité. Les efforts entrepris et les résultats obtenus en 2009 — par consensus — ont été démolis par des esprits étroits…en 2015.

J’avais dit que les problèmes de voisinage doivent être traités entre voisins, dont le souci premier c’est de refuser de servir de caution à la tentation néo-coloniale. Le plus exécrable des arguments avancés contre les Comores a été l’importance de la contribution financière de la France. Ainsi, à l’étroitesse d’esprit, il fallait ajouter l’ignominie.

On n’efface pas facilement des siècles de colonisation et de racisme, mais la démonstration est faite : quand la jeunesse est unie sur des idéaux d’amitié et de fraternité, elle peut ébranler les murs de la division, des petits calculs et de l’indignité.

Ary Yée Chong Tchi Kan


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