Edito

La Grèce plonge à nouveau
Les gesticulations de Sarkozy ne servent à rien

J.B. / 5 octobre 2011

Cela ressemble fort à un grand malade qui rechute régulièrement. Les remèdes apportés par les spécialistes de la santé, les médecins, en particulier, n’arrivent pas à enrayer le mal. Quand on croit que le malade est sauvé, les soubresauts nous rappellent que la bataille n’est pas gagnée.

Dans la crise grecque, le rôle du médecin est tenu par Sarkozy qui, contrairement à un vrai thérapeute, aime se mettre en avant et s’arroger des titres qu’il ne possède pas. Il gesticule, surtout s’il y a une caméra qui se promène dans le coin. Que voulez-vous : les présidentielles approchent et ses résultats de politiques intérieures sont très décevants. Il compte obtenir un bilan positif à l’extérieur pour motiver une nouvelle mandature. Il bombarde Kadhafi et fait plonger le gouvernement socialiste du premier ministre grec, Papandréou.

Le 21 août dernier, c’était la grande exhibition médiatique des chefs d’Etat européens pour montrer qu’ils s’occupent de la Grèce. Sarkozy, égal à lui-même, avait réuni ses ministres en catastrophe, montrant par là qu’en France on écourte ses vacances particulières pour sauver la Grèce. Des fonds exceptionnels ont été prévus, sous réserve de la validation par les procédures nationales. On allait voir ce qu’on allait voir ! Et, on a vu.

Les propositions faites au mois d’aout sont déjà dépassées. La crise s’est accélérée. La chute des valeurs boursières met en péril la croissance et l’existence même de l’EURO. Tous les remèdes d’un gouvernement libéral ont été déployés, sans véritable perspective de redressement. La crise justifie les moyens.

C’est dans ce contexte de justification de la crise que Sarkozy et Merkel avaient écrit au Président du Conseil européen, Van Rompuy, pour lui demander de sanctionner les collectivités qui auraient la main légère sur les dépenses publiques. Elie Hoarau était obligé de montrer au créneau et réunir les députés des RUP pour dénoncer cette missive.

C’est aussi dans ce contexte qu’on découvre le hiatus qui existe avant la société réelle et des élus qui sont sensés la représenter. A quoi a servi toute la médiatisation du 21 août alors que la population souffre des mesures d’austérités ? Sarkozy s’occupe-t-il vraiment de solutionné la crise grecque ou alors laisse-t-il le malade languir jusqu’aux prochaines élections présidentielles françaises pour l’utiliser contre ses opposants socialistes ? Vous avez dit machiavélique ? A peine !

J.B.


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