Edito

La jeunesse réunionnaise toujours gaspillée

J.B. / 18 novembre 2016

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En 1982, les jeunes Réunionnais avaient participé à une Marche pour l’emploi et le développement. Partis de Sainte-Rose et de Saint-Joseph, deux cortèges avaient convergé vers Le Port au bout de plusieurs jours, grossissant à chaque étape. À cette époque, cette génération était très inquiète pour son avenir. Son mot d’ordre était « Arèt gaspy nout jeunesse ».

En effet au début des années 1980, la politique menée par le gouvernement pour l’emploi des jeunes consistait surtout à organiser son exil vers la France pour répondre aux besoins en main d’œuvre peu qualifiée des grandes entreprises et des hôpitaux d’un pays situé à 10.000 kilomètres de La Réunion. Alors que la jeunesse est la principale richesse d’un pays, les dirigeants parisiens de l’époque avait privilégié cette solution, car ils avaient refusé de soutenir une politique de développement capable d’accompagner la croissance démographie de La Réunion.

En 1982, le BUMIDOM vivait ses derniers jours. Contrairement aux promesses du pouvoir, il n’avait pas réglé le problème du chômage. Il a pris alors d’autres formes, et se nomme aujourd’hui mobilité. Aujourd’hui, le chômage des jeunes reste toujours exceptionnellement élevé. Une étude de l’INSEE publiée le 15 novembre indique qu’en 2013, 6 jeunes sur 10 n’occupaient pas un emploi. Dans cette jeunesse exclue, il y a des inégalités. Ainsi, 81 % des jeunes sans diplômes sont privés de travail. La seule catégorie qui a un taux d’emploi voisin de celui de la France est celle des jeunes qui a un diplôme de l’enseignement supérieur.

L’INSEE relève d’ailleurs que de nombreux jeunes sont découragés par cette situation. Ils ne font plus les démarches actives pour rechercher un travail nécessaire à leur inscription dans les statistiques de Pôle emploi, mais ils affirment qu’ils veulent travailler. L’INSEE relève que la situation s’est aggravée ces dernières années du fait du ralentissement de la croissance économique réunionnaise qui crée moins d’emplois.

Ces données montrent une conséquence dramatique de l’impasse dans laquelle se situe La Réunion. La majorité de la population est abandonnée à cause d’un système bloqué. Le message est clair, il faut une autre politique. Rassembler les Réunionnais autour de ce combat est la tâche principale des communistes. Le peuple pourra compter sur eux.

J.B.


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