Edito

La Journée mondiale des océans et La Réunion

J.B. / 8 juin 2016

Ce 8 juin, la Journée mondiale des océans se tient dans un contexte très tendu. Dans le message qu’il a adressé à l’occasion de cet événement, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU rappelle que la santé des océans est décisive pour la vie sur Terre. « Ils régulent le climat et rendent de nombreux services, dont les ressources naturelles, la nourriture et des emplois pour des millions de personnes ». Malheureusement, cette réalité se heurte à la course au profit toujours plus grande.

« Surpêche, pêche illégale, captures accidentelles… Pendant des siècles, l’humanité a agi comme si mers et océans étaient des ressources inépuisables capables de nous nourrir et de se régénérer à l’infini mais il n’en est rien », écrit le WWF qui constate que « dans le monde, 90% des stocks de poissons sont surexploités ou exploités à leur maximum, les captures accidentelles représentent 40% des volumes de pêche globaux, 12 à 28 %des prises mondiales proviennent de la pêche illégale. De nombreuses solutions existent pour réduire les pressions exercées sur les océans. Il est urgent de les mettre en œuvre ! ».

Entourée par les océans, La Réunion est directement concernée par les conséquences de la course aux profits. En effet, l’utilisation massive du pétrole et du charbon depuis 150 ans a de graves répercussions dans l’atmosphère. Cela favorise le réchauffement climatique et la hausse de la température de l’océan. Pour notre île, cela a notamment deux conséquences : la montée du niveau de la mer et la mort des coraux.

En effet, au moment où se déroule la Journée mondiale des océans, l’Arctique pourrait être une mer totalement libre de glace pour la première fois depuis 100.000 ans. L’important réchauffement des régions polaires fait également fondre les glaciers sur les continents. Leurs eaux se déversent dans la mer, ce qui augmente son volume.

Récemment, l’IFRECOR, Initiative française pour les récifs coralliens, a tenu son assemblée à La Réunion. Cela a permis de souligner que dans notre île, la hausse de la température de l’océan a de lourdes conséquences. C’est le blanchissement des coraux. Ce phénomène peut conduire à la mort d’un récif. Ceux de Saint-Gilles et de Saint-Leu sont les plus atteints. Si le corail meurt, alors la barrière qui protège les lagons ne se renouvelle plus. La production de sable cesse. Les plages sont alors menacées de disparaître.

Or, la contribution visible de La Réunion à la Journée mondiale des océans, c’est d’augmenter sa contribution au changement climatique en arrêtant le chantier du tram-train et de construire une route en mer qui s’attaque à la biodiversité. Il est urgent d’arrêter de jouer avec le feu et de prendre en compte enfin la réalité du monde auquel La Réunion appartient.


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