Edito

La liberté d’opinion et l’anticommunisme, à La Réunion

J.B. / 22 octobre 2012

Il y a un mois exactement une journaliste du "JIR" était bousculée. Son collègue du "Quotidien" a eu le malheur de la protéger ; il a été malmené et jeté par terre. A l’origine de cette affaire, il y avait un édito du "JIR" qui caricaturait le comportement du maire de Saint Leu. Toute la profession s’en est émue et, séance tenante, l’idée d’une charte déontologique sur la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit d’opinion devait être rédigée et publiée.
La démarche volontaire de nos démocrates n’a pas tenu longtemps quand "Témoignages" rappela que la liberté de la presse est inséparable de la liberté d’opinion. En la matière, la Région Réunion se distingue en excluant notre journal. L’initiative a été étouffée dans l’œuf pour ne pas déplaire à l’institution et éviter le courroux de son président.
La grande leçon à retenir, c’est qu’il n’est pas facile d’être un démocrate et d’assumer des positions de principe. L’anti-communisme justifie-t-il les dérives constatées. Jugez vous-mêmes.

A la veille de l’entrée des chars soviétiques à Prague en 1968, une délégation de 3 membres du PCR, qui était en escale à Moscou, pour apporter notre solidarité au Vietnam en guerre, avait appris l’imminence de l’invasion ; décision fut prise de renvoyer un membre à La Réunion, pour réunir la direction du parti et condamner l’initiative. Le monde entier condamna l’utilisation de la force militaire et aujourd’hui, l’URSS et la Tchécoslovaquie n’existent plus. L’Histoire donna raison à la lucidité des dirigeants du PCR, et à Paul Vergès en particulier.

L’édition de Témoignages évoquant la manifestation 17 octobre 1961 a été saisie ; son directeur, Paul Vergès, fut poursuivi en justice et condamné à de la prison ferme pour avoir reproduit 2 articles de la presse parisienne relatant la tuerie des Algériens à Paris. Il s’opposa à l’ignominie en combattant le pouvoir colonial, à la tête du PCR, durant 28 mois de clandestinité où il reçut une solidarité exemplaire. Après 51 ans, le Président français annonce qu’il rend hommage aux Algériens. "Témoignages", le PCR et ses dirigeants ont été au rendez-vous de l’Histoire.

En 2005, à la veille du référendum sur le traité européen, des personnalités réunionnaises de premier plan exhortèrent le Président de Région, Paul Vergès, à voter positivement car « il ne faut pas donner un coup pied dans le bol manger européen ». Il appela à voter en faveur du NON qui triompha. Non seulement La Réunion était en phase avec l’Histoire mais, dans la semaine qui suivit, Paul Vergès était reçu chaleureusement par M. Barroso, à la tête d’une délégation des Présidents des RUP, ce qui a dû surprendre nos « alimentaires ».

Ces exemples sont tirés de la vie politique réunionnaise. Ils montrent que le droit d’opinion et la liberté d’expression ne sont pas à géométrie variable. Chacun assume ses choix et l’histoire vous juge. Et, dans la mesure où la justice est rendue au nom du peuple, quelle suite sera-t-il donné à la condamnation de Paul Vergès, à ses années de clandestinité et à la saisie de "Témoignages" ?
Les journalistes démocrates auraient pu saisir l’occasion pour mieux informer leurs lecteurs sur cette page glorieuse de notre démocratie, et remettre en cause l’anticommunisme qui perdure dans leur rédaction.

 J.B. 



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  • les journalistes du "quotidien " et du jir, sont pour la plupart d’obédience de droite ! comment voulez vous que ceux-ci fassent un travail objectif ? 1ER ils seraient mis au chomage par leurs patrons 2ième c’est contraire leurs opinions droitières ! À l’heure actuelle il n’existe plus beaucoup dans la presse des journalistes neutres de leurs opinions, l’information est orientée la plupart du temps à droite et ce n’est pas demain que cela va changer !

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