Edito

La loi doit s’appliquer pour les braconniers de galets et la Région doit restituer les galets illégalement extraits

J.B. / 29 décembre 2014

En novembre dernier, des transporteurs ont vendu à la Région des galets extraits illégalement dans une zone protégée. Le 24 novembre dernier, dans une lettre ouverte au Procureur de la République et au Préfet, « Témoignages » rappelait les faits, extraits :

« Vous avez été témoin, comme nous tous, de faits graves constitutifs de délits qui appellent à des mesures administratives et poursuites judiciaires. Dans le cas contraire, les Citoyens seront enclins à croire qu’il existe dans ce pays un traitement particulier, selon qu’on soient camionneurs et Président de Région, d’une part, chasseur de tangues, pêcheurs de lagon ou braconniers de palmistes, d’autre part.

En effet, des entrepreneurs peu scrupuleux de principes, des lois et règlements se sont permis de prélever des roches dans la nature et les vendre à prix d’or au Conseil Régional qui les a réceptionnées sur son chantier de la route en mer. Ceci n’est ni plus ni moins qu’un trafic de matériaux prohibés vendus à un receleur qui achète des matériaux illégaux et un service interdit. C’est avec de l’argent public, et qui doit donc être restitué.

Les délits étant constitués, les différents acteurs étant connus, personne ne conteste, il ne reste plus qu’au Préfet et au procureur de la République d’agir suivant le droit. Tout laxisme dans ce dossier serait un signal pour recommencer, car ils s’estiment trop puissants pour être inquiétés. D’ailleurs, pris la main dans le sac, l’un des protagonistes s’est même permis de lancer des menaces en direction de la première magistrat de la commune, dans l’exercice de ses fonctions. L’individu n’est pas à ses premiers forfaits. Là, encore, il appartient au parquet d’engager les poursuites qui conviennent. »

Mercredi dernier, deux pêcheurs ont été pris avec 16 kilos de poissons prélevés illégalement dans le lagon. Ils ont été interpellés. La prise et le matériel utilisés ont été saisis. Ces pêcheurs devront s’expliquer devant la justice, ils risquent de lourdes amendes.
Se pose alors la question de savoir pourquoi les braconniers de galet ne sont-ils pas traités de la même manière que des pêcheurs de lagon ?
En effet, les dégâts infligés à l’environnement par des transporteurs vendant le fruit du délit à la Région sont beaucoup plus graves que 16 kilos de poissons prélevés dans le lagon. La justice étant égale pour tout citoyen, il est donc étonnant qu’aussitôt les faits constatés, les autorités compétentes n’aient pas ordonné la confiscation sur le champ des camions, et la restitution par la Région des galets extraits illégalement.
Rappelons que si un restaurateur achète des poissons pêchés illégalement dans le lagon, il sera alors considéré comme un receleur et devra lui aussi réparer.

Gageons que la justice puisse être la même pour tous, braconniers de galet et pêcheur sans autorisation dans le lagon. Il n’est pas trop tard pour que la Région restitue les galets volés, pour confisquer le matériel ayant permis ce forfait, sans préjuger des suites judiciaires que les autorités compétentes ne manqueront pas de donner.


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