Edito

La loi El-Khomri accélérateur de la crise

J.B. / 9 avril 2016

Ce 9 avril, une nouvelle journée d’actions est prévue contre le projet de loi El-Khomri. Elle fait suite à la journée du 31 mars. Selon les syndicats, les manifestations avaient rassemblé plus d’un million de personnes. Quand l’avant-projet a été rendu public, un large front s’est constitué. Il a poussé le gouvernement à manoeuvrer pour diviser le mouvement syndical et essayer de faire passer malgré tout son texte. C’est ainsi que le barême des indemnités décidées par un juge en cas de licenciements abusifs ne sont plus impérative mais indicative. Ce premier recul du gouvernement était le résultat de la mobilisation.

Le texte a été discuté par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Les modifications apportées ne remettent pas en cause non seulement l’esprit mais aussi la forme. La primauté est toujours donnée à l’entreprise au détriment de la protection accordée par la loi au travailleur. Le projet prévoit toujours d’autoriser le licenciement d’un salarié qui refuse un « accord offensif ». Les licenciements pour motifs économiques sont toujours facilités

À La Réunion, deux rassemblements sont prévus à Saint-Denis et à Saint-Pierre. En France, avec un taux de chômage aux alentours de 10 %, ce texte soulève l’inquiétude. À La Réunion, où le chômage touche près du tiers des travailleurs, les conséquences seront encore plus graves. Lors de sa conférence de presse hier, le PCR est revenu sur la situation sociale de notre île. Les grèves se multiplient, le chômage augmente, aucune solution n’est possible dans le cadre actuel. C’est pourquoi il est important de ne pas encore aggraver cette impasse.


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