Edito

La loi n’arrête pas les cyclones

Témoignages.re / 8 janvier 2014

Demain, cela fera 7 jours que le cyclone Bejisa sera passé près de nos côtes. Hier soir, la préfecture a fait un inventaire de la situation. 1.570 foyers restaient privés d’électricité, et près de 9.000 abonnés sont encore sans eau. Le réseau téléphonique est quasiment rétabli partout. C’est le résultat du travail sans relâche de plusieurs centaines d’agents sur le terrain, dans des conditions difficiles.
Sur les routes, la liaison vers Cilaos est fermée pendant la nuit pour sécuriser les falaises, tandis que les radiers du Gol et du Ouaki sont interdits à la circulation. Partout ailleurs, des milliers de tonnes de déchets verts ont été évacués par les travailleurs des collectivités et des entreprises privées.

Il aura donc fallu une semaine pour retrouver un mode de vie habituel pour 90% de la population.

Or, comme le soulignait Météo France au lendemain du passage du météore, Bejisa était le phénomène le plus violent de ces dernières années, mais il était bien loin de cyclones intenses déjà passés dans les environs de La Réunion.
Nous aurions pu connaître bien pire.
Ce que l’histoire nous apprend également, c’est que la saison des cyclones est loin d’être finie. Dans son communiqué, Météo France fait référence à Dina, cyclone tropical intense passé å quelques dizaines de kilomètres de La Réunion en 2002. Il était accompagné de vents dépassant les 250 kilomètres par heure en altitude, soit environ le double de Bejisa.

Dina n’était pourtant pas le seul de la saison 2001-2002. Il avait été précédé quelques semaines auparavant par Connie, un cyclone moins puissant passé à environ 100 kilomètres des côtes. Connie avait pourtant été responsable d’un mort, et déjà de dégâts.

La saison des cyclones se prolonge jusqu’au mois de mars. Janvier et début de février sont en plein dedans. Et pourtant, c’est cette période qui est choisie comme date de rentrée scolaire. A partir du 20 janvier, plus 200 000 jeunes Réunionnais iront en classe avec constamment au-dessus de leurs têtes la menace de l’alerte cyclonique.
Voilà jusqu’où peut aller la volonté d’assimiler La Réunion à un pays de l’hémisphère Nord. Si un texte réglementaire permet d’autoriser une telle folie, aucune loi ne peut empêcher un cyclone de se créer et de s’abattre sur La Réunion entre le 20 janvier et le mois de mars.

De quoi inquiéter parents, élus et enseignants.

J.B.


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