Edito

La marche de Paris montre l’isolement de l’Occident

J.B. / 13 janvier 2015

Au soir de l’attentat contre Charlie Hebdo, le gouvernement a lancé un appel à l’unité nationale. Il s’agissait de rassembler tous les Français dans un grand mouvement pour protester contre le massacre de la rédaction du journal parisien, d’un policier et d’un agent d’entretien. La traque des suspects a encore accentué le mouvement. Le dénouement tragique a amplifié l’émotion, avec le décès d’une policière à Montrouge, de 4 otages et d’un ravisseur Porte de Vincennes, et de deux autres membres du commando à Dammartin.

Le soir même de l’attentat de Charlie Hebdo, des manifestations spontanées avaient réuni des milliers de personnes. Les journées de samedi et surtout de dimanche étaient quant à elles plus organisées. Elles devaient déboucher sur l’illustration de l’unité nationale. A Paris, tous les partis républicains étaient invités à participer à la marche, tandis que des chefs d’État et de gouvernement de pays de l’OTAN affirmaient leur volonté de défiler ce dimanche à Paris.
Dans le monde, de nombreux pays sont confrontés à des mouvements extrémistes. Mais à Paris, à l’exception de la Russie et de la Palestine, c’était d’abord les pays de l’OTAN et leurs alliés qui étaient là. Cela représente environ 800 millions d’habitants sur les 7 milliards de la population mondiale et cela interpelle. Comment l’Occident peut-il être isolé à ce point ?

La Chine est confrontée au terrorisme, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, fait face à Boko Haram, l’Irak subit des attaques à la bombe constantes depuis l’invasion américaine, et que dire de la Syrie engagée contre l’État islamique… les victimes dans ces pays ne doivent pas être oubliées.
La veille de la marche des chefs d’État et de gouvernement occidentaux, plus de 2.000 Nigerian étaient assassiné par Boko Haram. Le lendemain, une fillette de 10 ans explosait sur un marché au Nigeria, tuant 19 autres personnes. Pas un mot pour dénoncer officiellement cette barbarie.

Les dirigeants occidentaux ont pourtant l’occasion de restaurer la confiance brisée par des années de guerre en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie. Ils savent que les causes du terrorisme sont à rechercher dans les inégalités à l’échelle du monde, et à l’intérieur de leurs propres pays. En tendant la main aux victimes et aux abandonnés, ils peuvent faire reculer les extrémismes. Mais la perspective donnée par les dirigeants occidentaux ne prend pas ce chemin, ils veulent continuer la même politique, ce qui aura pour conséquence les mêmes effets.


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