Edito

La même erreur qu’il y a 52 ans ?

LB / 31 mai 2010

Aujourd’hui, une décision très importante pour l’avenir immédiat et à plus long terme des Réunionnais va être prise par la nouvelle direction du Conseil régional. Oui ou non va-t-elle décider de continuer le projet de tram-train de Saint-Joseph à Saint-Benoît, prévu et préparé depuis plusieurs années par la plupart des collectivités réunionnaises en partenariat avec l’Etat et des investisseurs privés ? La réalisation de la première tranche de ce grand chantier pour un service public indispensable aux transports et déplacements dans toute l’île est déjà prête au niveau des dispositions juridiques, des études et des financements. Il reste juste à décider par le maître d’ouvrage (la Région), ce lundi, si on lance le chantier immédiatement ; ou si on renouvelle la clause suspensive de six mois signée entre les partenaires le 1er décembre dernier pour obtenir de l’Etat sa dotation ferroviaire comme en France d’ici 2014 ; ou bien si le contrat est rompu.
Si jamais c’est cette dernière décision qui est prise, les conséquences seront très graves pour les Réunionnais : non seulement leur droit à des moyens de transports et de déplacements efficaces, moins coûteux et plus respectueux de leur environnement sera sacrifié, mais encore des milliers d’emplois attendus d’urgence seront supprimés et nous devrons payer quelque 300 millions d’euros d’indemnités aux partenaires privés. Peut-on commettre une pire erreur ? Voilà pourquoi Didier Robert doit se comporter enfin en élu responsable et respecter les droits, les demandes et la dignité des Réunionnais. Et surtout ne pas imiter le préfet fraudeur des années 50 qui a fait entériner par la majorité du Conseil général la suppression définitive du chemin de fer de La Réunion. En effet, la décision de ce 31 mai 2010 fait penser à celle prise par la majorité des conseillers généraux à la demande de Jean Perreau-Pradier lors d’une séance extraordinaire de l’assemblée départementale en 1958. Les élus décidèrent alors de voter la construction de la route littorale au pied de la falaise et de supprimer définitivement la liaison ferroviaire entre le Nord et l’Ouest de l’île, avec tous les effets négatifs du tout-automobile pendant des décennies. Lors de cette séance, le conseiller général Paul Vergès a notamment déclaré : « Le Groupe communiste et progressiste n’a jamais été opposé au principe de la construction d’une route littorale ; ce que nous avons contesté, c’est l’opposition que l’on a toujours faite entre la route littorale et le chemin de fer ». Aujourd’hui, les élus de la Région vont-ils commettre la même erreur qu’il y a 52 ans ?

L. B.


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