Edito

La nécessaire autonomie énergétique

J.B. / 4 avril 2012

En 1999, Paul Vergès a lancé le mot d’ordre d’autonomie énergétique pour 2025. Au cours des 10 années qui suivirent, des actions furent mises en œuvre pour atteindre cet objectif. Et chaque année qui passait nous rapprochait de la transformation du mot d’ordre en réalité. Le dernier plan d’action de l’Agence régionale de l’énergie Réunion prévoyait de faire de La Réunion un laboratoire mondial de l’autonomie énergétique. D’ici quelques années, nous pouvions être en pointe dans une révolution énergétique qui amènera des changements aussi importants dans le réseau électrique que l’irruption d’Internet dans les réseaux d’information. Car la technologie permet maintenant aux Réunionnais d’être des vendeurs d’électricité, à l’égal de la grande distribution ou d’autres entreprises installées dans notre île.

La marche vers l’autonomie énergétique n’est pas seulement une question d’innovation, c’est le cœur d’une stratégie pour que notre île puisse se libérer de produits dont elle ne maîtrise pas le prix. Contrecarrer cette ambition, c’est faire le jeu des vieux monopoles qui se sucrent sur le dos de la population. C’est ce que démontrent les conséquences de la politique de l’UMP à la Région depuis 2010.
Chacun se rappelle une des premières décisions de Didier Robert : stopper le projet de production d’électricité à partir de la chaleur du volcan. Le reste a suivi. Quand Paris a décidé de donner un coup d’arrêt au photovoltaïque, la Région n’a pas défendu les intérêts du pays. Le projet de centrale d’énergie thermique marine est parti en Martinique, ne laissant que les miettes à La Réunion. La suppression du tram-train électrique pour le remplacer par le tout-automobile est de la même veine : empêcher les Réunionnais d’accéder à l’autonomie énergétique, casser les énergies renouvelables.

Hier, la direction de la Région a pris une décision dans la logique de cette politique : donner de l’argent prévu pour l’investissement à des vendeurs de pétrole pour qu’ils renoncent à obtenir une hausse de leurs profits. Or, combien d’emplois aurait-il été possible de créer dans notre pays si cette somme avait été affectée à l’investissement ?
Autrement dit, Didier Robert est bien l’homme des énergies fossiles, agissant au service du monopole des compagnies pétrolières. Seule l’autonomie énergétique peut nous libérer de ce monopole chaque jour plus coûteux pour les Réunionnais. Cela nous permettra d’arrêter de donner chaque année des centaines de millions d’euros à des sociétés qui fixent leur prix, et d’investir dans notre pays l’argent économisé.

J.B.


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