Edito

La « nouvelle route du littoral » peut-elle résister à un cyclone comme Fantala ?

J.B. / 19 avril 2016

Fantala est un cyclone tropical très intense qui circule dans le Sud-Ouest de l’océan Indien à la mi-avril. Hier soir dans le Journal de Réunion Première, Jacques Écormier, chef prévisionniste à Météo France, a donné quelques caractéristiques du phénomène : des vents de plus de 350 kilomètres/heure sur mer, qui peuvent dépasser 450 kilomètre/heure sur terre. L’oeil du cyclone est passé sur l’île de Farquard aux Seychelles, fort heureusement elle devait être évacuée.

La présence de ce cyclone dans notre région a déjà eu une première conséquence. En pleine grève du BTP, le chantier de la Grande Chaloupe a connu une activité. Des galets ont été jeté à la mer en urgence pour protéger ses fragiles infrastructures de la houle, et les grues ont été couchées. Selon les prévisions, Fantala doit faire demi-tour et revenir vers La Réunion. Le cyclone devrait alors perdre beaucoup de puissance pour être retrogradé au rang de tempête tropicale. Le passage au plus près est annoncé pour vendredi, à plus de 500 kilomètres de La Réunion. Ce sera un nouveau test pour le projet de Didier Robert. Il ne fait guère de doute que ce phénomène météorologique va contribuer à augmenter le coût des travaux de la route en mer, en terme de mesures de sauvegarde et de retard sur le planning initial. En effet, le recours à des galets de Madagascar a donné un aperçu de la répartition du financement des dépassements de crédit de la nouvelle route du littoral. L’État prenant uniquement à sa charge la mise en œuvre d’un protocole de test sanitaire pour l’importation de galets, l’extraction des roches à Madagascar, leur transport jusqu’au port de Tamatave, leur traversée de l’océan Indien, leur acheminement depuis Le Port jusqu’au chantier de la NRL est donc de la responsabilité du maître d’ouvrage, la Région. La facture payée par les Réunionnais ne pourra donc qu’augmenter.

Un phénomène tel que Fantala est à classer dans les cyclones tropicaux très intenses. Sa présence rappelle la vulnérabilité de l’île à ce genre de phénomène naturel. Si un passage au large a suscité une telle activité, il y a donc lieu de s’interroger sur la capacité du projet de la route en mer à encaisser le choc si jamais un Fantala venait à la frapper. Or, l’examen de la trajectoire des cyclones tropicaux très intenses au cours des dernières décennies indique que leur zone d’évolution se décale vers le Sud, ce qui signifie qu’elle se rapproche de nos côtes. Cela rend donc le risque statistiquement plus élevé. Cette menace mortelle a-t-elle été prise en compte par les promoteurs d’une route en mer improprement appelée nouvelle route du littoral ou NRL ?

J.B.


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