Edito

La NRL à l’opposé de « l’investissement intelligent » demandé par les Nations-Unies

J.B. / 17 mars 2015

C’est demain que se termine à Sendaï au Japon la conférence internationale sur la gestion des risques liés aux catastrophes. Le choix de Sendaï découlait d’un événement, c’était le tsunami qui avait touché le Japon en 2011 suite à un important tremblement de terre. Le monde en subit encore les conséquences à cause de la pollution créée par l’inondation de la centrale nucléaire de Fukushima.
La conférence de Sendaï a été rattrapée par l’actualité. Dans la nuit de vendredi à samedi, l’archipel des Vanuatu a subi le choc d’un cyclone. Pam avait des vents soufflant à 330 kilomètres par heure, apportant des pluies torrentielles et des vagues gigantesques. 90 % des maisons de la capitale, Port Vila, sont sinistrées. Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu selon les premiers bilans provisoires.

Présent à Sendaï, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a déclaré ceci :

« Le changement climatique intensifie les risques pour des centaines de millions de personnes, en particulier dans les petits États insulaires en développement et les zones côtières. Les tempêtes tropicales dans une région provoquent des turbulences économiques dans une autre. La réduction des risques de catastrophes est une première ligne de défense contre les impacts du changement climatique. C’est un investissement intelligent pour les affaires et un investissement judicieux pour sauver des vies ».

Cristina Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique, est allée dans le même sens :

« Nos pensées et notre compassion vont tout d’abord au peuple et au gouvernement de Vanuatu en ce moment profondément accablant. Ensuite, il ne peut pas y avoir d’appel plus fort à d’urgentes mesures contre le changement climatique que cette tempête de catégorie 5. Cette année, les efforts mondiaux sont tous portés par un besoin commun et un impératif entrelacés : mettre le monde sur une trajectoire durable, réduire de façon spectaculaire et de toute urgence les risques de ce genre de dévastation à laquelle nous venons d’assister dans le Pacifique. »

Le message des plus hauts responsables de la lutte contre le changement climatique est clair : protégeons la population des effets du réchauffement climatique. Cela démontre que le projet de nouvelle route en mer dite nouvelle route du littoral ou NRL se situe bien à l’opposé de « l’investissement intelligent » prôné par le secrétaire général de l’ONU. Et si certains voudraient persister dans cette voie, qu’ils sachent qu’ils ne feront que gonfler une statistique citée par la Banque mondiale. Les coûts des catastrophes ont atteint 200 milliards de dollars annuels en moyenne au cours des 10 dernières années. L’engloutissement de la NRL par un cyclone ne représenterait que quelques pour cents de ce nombre, négligeable à l’échelle du monde mais considérable pour les Réunionnais endettés sur plusieurs générations. Au moment où se profile la conférence de Paris sur le climat, le choix de la raison se précise chaque jour : stop au projet pharaonique et inutile de Didier Robert.


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