Edito

La parole donnée, d’ici et d’ailleurs

J.B. / 31 août 2012

La première secrétaire du Parti socialiste français, Martine Aubry, vient d’adresser un courrier aux parlementaires de son organisation politique pour leur demander de respecter « la parole donnée » ainsi que « les engagements » pris devant les militants et l’opinion. La lettre leur rappelle également de respecter les objectifs et le calendrier. En effet, une loi sera votée prochainement pour en finir avec le cumul des mandats qui est surtout un cumul des indemnités. Elle appelle ses camarades à donner l’exemple et ne pas attendre l’application de la loi. Quand ils ont été investis pour les législatives, les parlementaires socialistes se sont engagés à dire au plus tard au mois de septembre quel est le mandat qu’ils vont conserver.

Ces propos nous ramènent à Sainte-Suzanne où les adjoints et conseillers avaient été élus sur la liste de Maurice Gironcel. Devant une décision inique du tribunal contre ce dernier, les mandats qu’il tient des citoyens lui ont été retirés ; pour que le peuple ne soit pénalisé, les élus se sont déclarés solidaires de leur maire, ont revu l’organigramme en son absence et ont décidé de lui rendre ses responsabilités, dès qu’il sera disponible. Le geste est exemplaire et la solidarité remarquable.

Le jour venu, ce qui faisait la fierté et l’honorabilité de ces élu(e)s aux yeux de l’opinion a volé en éclat. Tous les prétextes étaient bons pour ne pas respecter la parole donnée, malgré les sollicitations du Secrétaire général du PCR, Élie Hoarau. Demander à l’élue par intérim de respecter ses engagements était qualifié de « violence contre la femme » par la députée PCR. D’autres camarades ont proposé de repousser le calendrier, sans se rendre compte qu’ils demandaient, à la victime et au peuple, d’accepter une seconde peine.

Le coup de semonce de Martine Aubry et l’interpellation d’Élie Hoarau poursuivent le même objectif : faire respecter la justice et les règles dans leur parti respectif. Transgresser ses engagements apporte probablement des satisfactions personnelles et immédiates, mais c’est l’Histoire qui juge les femmes et les hommes politiques. Martine Aubry est prévenante quand elle rappelle le contexte historique du moment : majoritaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, « nous disposons de tous les leviers pour redresser la France dans la justice », écrit-elle !

Imaginez, désormais, le poids des responsabilités qui pèse sur les épaules de ceux et celles qui devront respecter « la parole donnée », les « engagements », le « calendrier » et les « objectifs » politiques !

J.B.


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