Edito

La pire des gouvernances

LB / 6 novembre 2009

Le jour "J" est donc arrivé : c’est ce soir, au Palais de l’Élysée, que le chef de l’État présidera le premier Conseil interministériel de l’Outre-Mer. Et c’est alors qu’il annoncera les décisions prises par le pouvoir exécutif de la République après les consultations des peuples des quatre DOM organisées cette année dans le cadre des États-généraux de l’Outre-mer.
Il y a longtemps que "Témoignages" attire l’attention sur l’importance du test que constitue ce rendez-vous du 6 novembre pour La Réunion. Car il illustrera le type de gouvernance auquel les Réunionnais auront affaire s’ils veulent résoudre les problèmes de leur pays, ce dont nous ne doutons pas un seul instant.

Depuis l’abolition officielle du statut de colonie de notre île il y a 63 ans, les forces démocratiques de ce pays ne cessent de se battre pour mettre en œuvre un développement durable, humain, solidaire et responsable. Pendant toutes ces décennies, le pouvoir exécutif et ses complices locaux qui profitent du système se sont opposés à ce que soient créées les conditions d’un tel projet et les Réunionnais en paient les conséquences.
Ce comportement, qui ne respecte pas les principes de la démocratie, a continué depuis la dernière élection présidentielle, il y a deux ans et demi. Le programme de l’Alliance, approuvé par les principaux candidats à cette élection, dont Nicolas Sarkozy lui-même, n’a toujours pas été pris en compte par l’État dans le cadre d’un partenariat loyal, concerté et respectueux des principes de la République.

Ce blocage du développement humain de La Réunion par des politiciens conservateurs et irresponsables a des effets de plus en plus malheureux et dangereux. Il devient donc urgent d’abattre le mur de l’argent, qui interdit le respect des droits humains des Réunionnais dans une société équitable et libre.
Le projet global et cohérent émis dans ce sens par la grande majorité des élus réunionnais (Région, Département et Communes) dans le cadre des États-généraux doit donc être entendu. Car la pire des gouvernances consiste à passer sur la tête des élus républicains et d’imposer au peuple des décisions bureaucratiques partisanes.

L. B.


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