Edito

La politique virtuelle comme dérivatif d’une petite bourgeoisie en mal de représentation

J.B. / 10 octobre 2013

Les médias accréditent la thèse selon laquelle les États-Unis, c’est le pays le plus riche de la planète. N’importe quel sondage effectué sur le sujet dans la population réunionnaise conduirait à une appréciation identique quasi unanime. Dans certain milieu, il est même conseillé d’en prendre exemple.

En réalité, le pays est tellement endetté que les parlementaires américains bloquent la possibilité d’emprunter davantage. En effet, le gouvernement a déjà épuisé la capacité d’endettement qui lui avait été accordée par les représentants du peuple, soit un maximum de 16.700 milliards de dollars. Si, le 17 octobre, rien ne bouge, la situation du pays correspondra à une faillite réelle.

Voilà comment l’idéologie distillée dans les médias transforme une réalité en mensonge. Aussi, les pays qui ont acheté de la dette des États-Unis tremblent à l’idée d’une faillite — même partielle — du pays sensé être le plus riche du monde. Les conséquences seront incalculables pour les économies intégrées à la mondialisation. Telle est la réalité.

C’est le moment choisi par des personnes bien intentionnées, à La Réunion, pour publier un sondage totalement virtuel qui accrédite la thèse de personnalités politiques « bien vues ». Non seulement, c’est un manque de décence devant l’acuité des problèmes de la population, à ce jour, jamais résolus. Mais en plus, c’est une grande prétention de faire croire à l’infaillibilité de ces personnalités. Le cas typique est l’éloge fait à Huguette Bello qui, depuis qu’elle a annoncé la création de son parti politique n’a jamais publié le projet. Elle a 17 ans de mandat de député. Elle ne sera plus maire car elle est sous le coup du cumul des mandats.

Mais, ce genre de question, qui peut aider la population à se faire une opinion réelle de ses représentants politiques ainsi que de leur carence, ne sera jamais abordée. Car, il faut soigner l’image — sans tâche — de ces adeptes de la politique virtuelle, livrés comme dérivatif d’une petite bourgeoisie en mal de représentation. C’est bien à Saint-Paul qu’une vieille dame, percevant 150 euros mensuels, se retrouve avec une facture d’eau de 7.000 euros. Un autre à Saint-Paul doit ramasser et vendre 125 chopines pour avoir 5 euros. Pourquoi ces questions réelles ne sont jamais abordées par les sondeurs ?

J.B.


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