Edito

La population lé pri dan in gob !

J.B. / 11 octobre 2012

La fin de l’année approche. Les responsables des collectivités préparent leur budget 2013. Il s’agit d’examiner les dépenses en fonction des recettes disponibles ou à prévoir.

Comme nul ne peut connaître au détail près, alors le premier budget de l’année est qualifié de « prévisionnel », c’est à dire susceptible d’être corrigé en cours d’année, en particulier lors du vote du budget « supplémentaire ». Généralement, ce dernier intègre les résultats du « compte administratif » qui est le bilan réel des dépenses et recettes de l’année écoulée. Ainsi, un compte administratif qui dégage des excédents de recettes est considéré comme positif. Et, il n’est pas rare de voir des élus se congratuler lorsqu’apparaissent ces fameux excédents.

Cette année, dans quelles conditions seront préparés ces budgets ?

Les subventions et dotations de l’État sont en bernes en raison des choix budgétaires du gouvernement de diminution drastique des dépenses publiques. Les conditions d’emprunts sont resserrées pour éviter tout accroissement de l’endettement de la France qui se monte déjà à 91% du PIB.

Il restera donc à nos collectivités d’imposer un peu plus les contribuables et de taxer davantage les usagers.

En effet, le gouvernement a déjà annoncé son souhait de prendre 10 milliards supplémentaires sur les ménages et 10 milliards de réductions des dépenses publiques. Nos décideurs réunionnais croisent les doigts pour que le gouvernement élargisse l’assiette de base qui sert pour le calcul des impôts locaux. En apparence, même si les taux d’imposition ne progressent pas, dans la réalité le montant des impôts augmentera ; les feuilles d’imposition annuelle font foi. Enfin, il ne leur reste plus qu’à prier en faveur d’une évolution positive des recettes d’octroi de mer ; ce qui ne sera pas évident, car la consommation continue de baisser.

C’est dans ce contexte budgétaire draconien que les pouvoirs publics doivent faire face à une demande en augmentation constante, et naturelle.

Mais, il y a belle lurette que ceux-ci ont abdiqué sur leur responsabilité démocratique, se contentant d’une gestion pépère ou mémère. Chaque année, ils publient quelques indices chiffrés pour souligner avoir réalisé un peu mieux que l’année antérieure. Cette fois, la situation s’est terriblement aggravée ! Par exemple, le gouvernement exige des communes 25% de construction de logements sociaux, sous peine de fortes amendes. Les contribuables de 21 communes sur 24 risquent de passer un mauvais jour de l’an. La pénurie de logements est telle que la loi DALO (Droit Au Logement Opposable) ne peut même pas être appliquée, 5 ans après son vote par les députés parmi lesquels on compte des élu-e-s de La Réunion.

Nos collectivités sont au pied du mur, et la population lé pri dan in gob !

 J.B. 


Kanalreunion.com