Edito

La prochaine étape

J.B. / 9 janvier 2012

L’ANC célèbre en ce moment le Centenaire de sa création. Hier, dans l’opposition, aujourd’hui au pouvoir, il réfléchit sur son avenir. Il mobilise son peuple et ses amis dans le monde entier. Car, la tâche est en effet très complexe.

A l’origine de la création de l’ANC, la situation était relativement simple. Le régime politique existant divisait le peuple entre blanc et noir ; la ségrégation raciale donnait tous les pouvoirs aux Blancs. Pour sortir de cette crise, l’ANC offrait comme vision d’avenir l’Egalite entre tous les Sud-Africains. La Citoyenneté allait être une étape essentielle pour concrétiser cette perspective.

Cette perspective a longtemps divisé à l’intérieur du pays et
dans le monde entier. Par exemple, la France et ses gouvernements successifs avaient apporté une aide considérable aux Blancs, en particulier les moyens militaires. L’Occident s’est servi du régime de ségrégation pour mater l’appel à la Liberté dans les autres pays voisins de l’Afrique du Sud. D’autres pays soutenaient, au contraire, le mouvement de lutte anti-apartheid.

Dans le contexte international du moment, la lutte anti apartheid conduit par l’ANC a intégré les enjeux politiques mondiaux dominés par les options de l’Occident. On a ainsi vu en Afrique même des dirigeants politiques combattre l’ANC. La couleur n’était plus le seul clivage.

La Réunion était une illustration parfaite de cette situation.

Le régime des Blancs Sud-Africains était mis au ban des Nations. Plusieurs résolutions avaient été votées à cet effet. Cela n’a pas empêché les pays occidentaux de continuer à soutenir leurs amis au pouvoir. Dans cette crise, la France a même procédé à l’ouverture d’un Consulat à Saint Denis et le territoire de La Réunion a servi de base logistique.
Le pouvoir parisien pouvait compter sur le soutien de ses amis politiques locaux. Le Consulat était hébergé dans un immeuble appartenant à Virapoullé. C’est la preuve que les enjeux politiques dépassaient largement le clivage des couleurs.
Le PCR a marqué cette période, 1) par ses prises de positions et ses actions de solidarité en faveur de l’abolition de ce régime inique, 2) par sa lutte contre les gouvernements réactionnaires français et ses soutiens réunionnais, en particulier Jean-Paul Virapoullé. Il n’y avait rien de circonstanciel car sa ligne de conduite était inscrite dans ses thèses fondatrices, en 1959.

Le régime anti apartheid a été aboli. L’ANC est au pouvoir. Mais les contradictions du monde issues d’une longue Histoire de la domination par l’Occident continuent à faire des ravages et bloquer l’ouverture à l’Egalité. La Renaissance Africaine et l’Unité dans la Diversité que prônent l’ANC sont les prochaines étapes vers plus d’Egalité. Cela devrait avoir une certaine résonnance à La Réunion où le PCR demande de tirer toutes conséquences de l’abolition de l’esclavage et l’ouverture des Réunionnais à la responsabilité.

J.B.


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