Edito

La reconnaissance du 17 octobre 1961

J.B. / 18 octobre 2012

Le 17 octobre 1961, des Algériens manifestent à Paris. La police réprime, des manifestants sont tués et des cadavres sont jetés dans la Seine, le fleuve qui traverse Paris. C’était du temps de la guerre d’Algérie. Un an plus tard, l’Algérie était libre, tout comme la France, en 1945.
Durant toute la durée de la lutte de libération, le Parti communiste réunionnais a constamment été aux côtés du peuple algérien. Cette solidarité a valu des condamnations à "Témoignages". Son directeur, Paul Vergès, a été condamné à de la prison ferme pour avoir reproduit des articles publiés, sans commentaires, provenant de la presse parisienne sur cette répression. Paul Vergès a alors refusé la condamnation et a combattu cette décision inique dans la clandestinité auprès des camarades.

51 ans après ce massacre, François Hollande reconnaît officiellement la responsabilité de l’État. Voici le contenu du communiqué publié hier par la présidence de la République :
« Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression.
La République reconnaît avec lucidité ces faits.
Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ».

Ce geste va dans le sens de la réconciliation de deux peuples déchirés par la colonisation. D’un côté, les colonisés dans la lutte pour libérer leur pays, et de l’autre les colonisateurs et des colonisés qui les soutenaient.
Pour nous Réunionnais, cette démarche est intéressante sur au moins deux points.
Tout d’abord, elle confirme qu’une dynamique est née grâce à nous, et qu’elle ne s’arrêtera pas. Cela fait en effet 11 ans que la France a reconnu l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Cette décision a entraîné des effets irréversibles. C’est dans ce prolongement que se situe la reconnaissance par la République des crimes perpétrés en son nom, le 17 octobre 1961 à Paris. La France a décidé de regarder son histoire en face, et tout a commencé par la reconnaissance de l’esclavage. Ce premier pas, il est dû à la mobilisation des Outre-mer, dont La Réunion. C’est une contribution essentielle à l’enrichissement de la République.

Ensuite, c’est la confirmation par l’État français que le PCR et “Témoignages” avaient raison de dénoncer les crimes couverts par le gouvernement de l’époque, quel qu’en fût le prix. La leçon à retenir : c’est parce que nous sommes fermes sur nos principes que nous arrivons à nous faire respecter, et que nous sortons renforcés des différentes épreuves que nous avons à traverser.

 J.B.  


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