Edito

La régression

LB / 29 mars 2010

Est-ce que le rôle d’un élu est de casser tout ce qui a été fait par ses prédécesseurs et de bloquer le développement durable ? C’est une question que se posent de plus en plus de Réunionnais après avoir entendu le nouveau président du Conseil régional annoncer son programme pour les quatre ans à venir.

Voici en effet deux exemples des projets de Didier Robert qui vont à l’encontre des avancées réalisées par l’Alliance au cours des douze dernières années et des nouvelles transformations programmées par Paul Vergès avec son équipe au service des Réunionnais :
1) la suppression du tram-train de Saint-Benoît à Saint-Joseph, qui était prévu en partenariat avec l’État dans le cadre d’une politique des déplacements durable. Lorsqu’on voit la photo ci-après publiée hier par le “JIR", il y a vraiment de quoi s’interroger ; elle a été prise en 2007, lors de la signature du protocole de Matignon entre Paul Vergès et le Premier ministre pour financer le tram-train et la route littorale, avec l’approbation — entre autres — de Nassimah Dindar, Jean-Louis Lagourgue, René-Paul Victoria, François Baroin et Alain Bénard. C’est cela le « changement » promis par Didier Robert ?

2) la suppression d’un grand service public comme la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise est tout aussi réactionnaire. Or ce service exemplaire, qui fonctionne déjà depuis cinq ans pour renforcer notre mémoire historique et pour valoriser les richesses de notre identité culturelle, est soutenu par l’État, par l’Europe et par de hautes personnalités et institutions internationales. L’émancipation du peuple réunionnais est-elle interdite par Didier Robert ?

En donnant un coup d’arrêt aux nouveaux progrès de La Réunion qu’allaient permettre ces réalisations de l’équipe sortante, le nouveau président de la Région provoque un retour en arrière.
Lors de son allocution en tant que président sortant vendredi dernier, Paul Vergès a invité les nouveaux responsables de la collectivité à se fixer l’objectif suivant : « Voir loin, penser grand pour projeter notre île dans le mouvement du monde et de l’histoire ». Les décisions prises par Didier Robert ressemblent plutôt à la régression.

L. B.


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