Edito

La rentrée des classes 2012, sous le signe de l’emploi des Réunionnais

J.B. / 10 août 2011

Le 18 août, ce sera la rentrée des classes. L’Éducation nationale est le plus gros employeur de La Réunion. Va-t-elle donner l’exemple de l’embauche des Réunionnais ou va-t-elle sombrer dans la sempiternelle et hypocrite explication du recrutement à échelon national ?

Cette rentrée des classes va concerner 260.000 élèves et mobiliser de nombreux acteurs de la société. Par exemple, les parents sont en première ligne pour préparer les enfants dans les meilleures conditions possibles. Ils font de gros efforts. Les collectivités organisent les transports, les repas, les établissements d’accueil, les équipements sportifs et culturels. Quant à l’Éducation nationale, elle a en charge la formation des jeunes pour entrer dans la vie active et devenir des citoyens responsables. Elle doit aider la jeunesse à développer leur esprit critique.

Cette rentrée aura lieu dans un contexte de pénurie d’emplois pour les Réunionnais, en particulier pour les jeunes de plus en plus diplômés. Le taux des actifs sans emplois dépasse les 37%. Or, lors d’une visite sénatoriale, le rapporteur de la commission, M. Doligé avait déclaré en substance : « il se crée annuellement environ 1000 emplois dans l’Académie de La Réunion ». Il ne comprenait pas que les Réunionnais ne représentent que 100 postes. Cela veut dire qu’en moyenne, sur les 20 dernières années, l’Éducation nationale a recruté 20.000 personnes. Seulement 10% ont été réservés aux Réunionnais.

À quelques jours de la rentrée, une manifestation a eu lieu devant l’énorme chantier d’EDF. Les manifestants dénonçaient l’embauche de travailleurs étrangers au détriment de la main-d’œuvre locale. Ceux qui entravent l’embauche réunionnaise se tirent une balle dans la jambe. Cela se voit. Gageons que cette fois, l’Éducation nationale donnera la leçon tant attendue et qu’on arrête avec les sempiternelles et hypocrites explications qui ne trompent plus personne. Du fait de son rôle dans la société, l’Éducation nationale doit montrer son enthousiasme à défendre la cause réunionnaise.

J.B.


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