Edito

« La rentrée » : entre réalité et diversion

J.B. / 19 août 2013

Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. C’est un moment du calendrier scolaire annuel qui a un sens très précis. La classe politique française profite également de la même période pour faire sa « rentrée ». Si l’une relève du réel, l’autre est une diversion médiatique.

Le calendrier scolaire est ponctué par une date de rentrée des classes et une de sortie des classes. L’ensemble est entrecoupé de périodes de repos nécessaires à l’équilibre de l’enfant. Au final, le calendrier scolaire français accorde 2 mois et demi de repos aux élèves, pour passer d’une année scolaire à la nouvelle. Adaptée à juste titre au climat tempéré, cette coupure longue se situe en été, de juillet à septembre.

Cette période a été mise à profit par toute la société française pour organiser la vie économique et sociale. Conséquence : on assiste à une véritable transhumance humaine guidée par « Bison futé », question de ne pas laisser aux seuls animaux le bienfait du changement d’herbe et du déplacement de masse. La vie administrative et politique se trouve affectée par cette coupure. Pour combler le vide, les médias parlent des « vacances » des élus ! Le peuple souffre et nos élus se donnent en spectacle.

Les médias sont sollicités pour vanter la permanence de l’action. Mais, les gens sont mieux informés. Alors, pour rattraper la séquence du mauvais film de l’été, la classe politique française invente aussi sa « rentrée », par mimétisme avec la rentrée des classes. La comparaison s’arrête là, car les élèves sont sanctionnés à la fin du calendrier par des examens systématiques qui mesurent les résultats d’une année de travail scolaire. Les politiques ne rendent aucun compte à leur mandant à qui ils ont pourtant promis des résultats.

Il n’en fallait pas plus pour qu’ici, à La Réunion, la classe politique réunionnaise, surtout les député-e-s qui n’ont rien fait de positif durant l’année, se mettent également en « vacances », puis organisent sa « rentrée ». Le Progrès, qui regroupe les dissidents du PS, vient tout juste d’inaugurer la saison. D’autres vont suivre, inévitablement. Mais d’où vient ce besoin immense de singer le monde politique en France, au point de gommer les réalités climatiques, puis faire diversion ?

 J.B.


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