Edito

La répression à la place du dialogue social

J.B. / 5 juillet 2014

L’année 2013 a vu une montée des tensions lors des grèves à La Réunion. Plusieurs patrons ont choisi la même tactique. Ils refusent de négocier et au bout de quelques jours, ils saisissent la justice pour obtenir la levée du piquet de grève. Ce dernier est en effet le seul moyen que les travailleurs peuvent faire valoir pour peser dans le rapport de forces imposé par leur direction.
A plusieurs reprises, la justice a donné raison au patron, sommant les travailleurs de déguerpir sous peine de lourdes astreintes. Autrement dit, c’est un moyen pour le patron d’essayer d’obtenir la fin d’une grève sans rien céder aux travailleurs.

Force est de constater que le patron qui refuse de négocier n’est jamais condamné pour entrave et soumis à une astreinte, alors que c’est lui qui est responsable de l’arrêt de l’activité de son entreprise car il refuse le dialogue social.
L’an passé, il a fallu que l’Etat intervienne pour rétablir le dialogue social, notamment à la CILAM. Cela a permis d’obtenir l’ouverture de discussions qui ont fini par aboutir à un accord : le dialogue social était renoué.

La situation est la même que l’an passé. A l’intransigeance patronale répond la détermination des grévistes. Ils s’appuient sur une expertise qui démontre que les richesses sont réparties injustement à la CILAM. De cela, la direction ne veut pas en discuter, et elle utilise la justice pour faire taire les grévistes.
C’est la répression à la place du dialogue social, et cela n’amène aucune solution.

J.B.


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