Edito

La résistance aujourd’hui

LB / 17 juin 2010

Demain sera célébré le 70ème anniversaire de l’appel lancé par le général De Gaulle à tous les Français à résister à l’occupation de la France par les nazis et à libérer le pays de son oppression par ce régime fasciste et raciste. Les médias ont déjà commencé à commémorer cet événement historique et, dès hier, “Témoignages” a donné un sens et un contenu constructifs à cette célébration, en faisant un lien entre le combat contre la dictature nazie durant la Seconde Guerre mondiale et la lutte contre le racisme chez nous aujourd’hui.
En effet, lorsqu’on rend hommage à tous les résistants anti-nazis, on ne peut qu’admirer le courage dont ils ont fait preuve et l’on a une pensée particulière pour tous les Réunionnais et les autres colonisés de l’époque qui ont risqué leur vie dans cette lutte pour la liberté. Nous pensons notamment à des compatriotes comme Jacques et Paul Vergès ainsi que Bruny Payet, qui se sont engagés très jeunes dans ce combat.

Mais la meilleure façon de féliciter ces combattants n’est-elle pas de continuer à lutter contre toutes les formes d’oppression de notre époque ? Et 70 ans après l’Appel du 18 Juin, que fait la France pour aider les peuples à vivre libres, non soumis à toutes les formes de dictatures de notre temps ?
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), chaque jour, 25.000 personnes meurent de famine et donc des causes de cette sous-alimentation et de la misère. Or, ces causes sont avant tout les décisions prises par la poignée de dictateurs hyper nantis qui prennent tous les jours des décisions politiques, socio-économiques et culturelles au profit des plus riches et au détriment des plus pauvres, notamment avec un partage inégal des revenus.

Le peuple réunionnais n’est-il pas frappé lui aussi par ce système dictatorial, qui n’a bien sûr rien à voir avec le nazisme, mais qui viole les droits fondamentaux de ce peuple et notamment ceux des plus pauvres ? C’est bel et bien parce qu’il reste à La Réunion des traces du racisme esclavagiste comme du statut colonial aboli il y a 64 ans que des injustices inhumaines ravagent notre société.
Si l’on n’est pas conscient de ces réalités et si l’on ne fait rien pour combattre les nouvelles formes de dictature qui dominent notre île et le monde, les drames vont s’aggraver. Donc, non à la passivité, ni à la complicité, mais à chacun de pratiquer la résistance aujourd’hui.

L. B.


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