Edito

« La Réunion » a disparu de la COI

J.B. / 26 août 2014

A plusieurs reprises, nous avons consacré un papier à la COI et rappelé nos relations singulières à l’intérieur de cet ensemble d’îles. Nous avons rappelé la genèse de cette organisation, qui dure maintenant depuis 3 décennies. Même si des critiques ont été apportées à ses résultats, l’initiative est reconnue comme historique. Du reste les JIOI sont un témoignage de l’existence d’une communauté indiaocéanique qui ne demande qu’à s’affirmer sur tous les plans.

A la base, il y a eu la réflexion des partis et organisations progressistes de la zone, dont le PCR. Et, dès que l’occasion s’est présentée, il fallait démarrer l’installation d’un cadre institutionnel. Il a pris le nom de Commission de l’Océan Indien. Plusieurs fois tiraillée par d’autres structures comme l’Indian Océan Rim ou par le COMESA, la commission a résisté. A son actif on peut citer la plate forme d’intervention de la PIROI qui a montré son utilité en période de catastrophe naturelle. La COI est donc un outil de concertation tout azimut et de mutualisation des moyens. Elle est une réponse originale de sortie de l’exclusive coloniale par le développement des relations transversales entre nos ïles. La Réunion y tient parfaitement sa place, notamment dans la création d’un marché économique qui réduira les frais d’approche des marchandises, et donc l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.

Que s’est-il passé pour que lors du dernier Sommet, à Moroni, il n’est fait aucune mention de La Réunion dans la déclaration finale ? La Réunion est officiellement présente depuis la 2e Conférence. Qui a pris la responsabilité de gommer notre réalité géographique ? Il est dommage que le Président de la République Française, sensé nous représenter, ait préféré mettre en avant la défense des intérêts français au lieu de réaffirmer la présence réunionnaise. François Hollande a mis en avant l’effacement de la dette des Comores et il a crée l’inévitable polémique sur la question de Mayotte. Il a déclaré que la France va apporter son aide aux projets de la COI, notamment via l’Agence Française de Développement (AFD). Mais quid de La Réunion ? Pas un mot. Pire, il est dit que l’Accord de Partenariat Economique (APE) va connaître une accélération pour que l’Accord Intérimaire devienne définitif. Tout cela se passe sans La Réunion.

Mais le plus grave dans la déclaration finale du Sommet, il est écrit que La France aura « un statut d’observateur ». Ainsi, tout le rêve d’une communauté indiaocéanique solidaire vient de voler en éclat devant la stupidité du représentant de la France qui s’est substitué aux Réunionnais. L’esprit colonial a du mal à se dissiper sous le crâne des gouvernants parisiens qui mélangent coopération billatérale entre Etats et coopération de voisinage entre les îles. Voilà au moins une raison supplémentaire pour réclamer un statut spécifique qui ne soit plus un corset qui nous empêche de réaliser un véritable projet de co-développement avec nos voisins. Il faut rétablir la place de La Réunion.

J.B.


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