Edito

La Réunion, cible de la mondialisation

LB / 11 janvier 2010

Depuis de nombreuses années, Paul Vergès et le PCR appellent les Réunionnais à se rassembler le plus vite et le plus largement possible autour de solutions réunionnaises à nos problèmes, sinon ceux-ci vont s’aggraver dangereusement en raison des effets sur notre île de phénomènes mondiaux comme la croissance démographique, le réchauffement climatique et la mondialisation accélérée de l’économie. Les acteurs et observateurs "péi" qui s’opposent à cette vision réunionnaise de nos problèmes et à la responsabilisation du peuple réunionnais sont indifférents à ces phénomènes et, en assistés irresponsables, ils se contentent de répéter que Paris va régler la question…

Eh bien concernant par exemple la mondialisation, on a appris la semaine dernière que toute l’économie sucrière réunionnaise vient de passer dans les mains d’une société multinationale, sans que l’on demande leur avis aux milliers de familles réunionnaises qui vivent de la production cannière (notre photo). Les usiniers ayant pris cette décision mesurent-ils les conséquences d’une telle mise à l’écart et en ont-ils le droit ?

Dans l’île sœur, juste à côté de chez nous, les planteurs sont associés aux usiniers, et ce ne sont pas les multinationales qui font la loi dans l’économie sucrière mauricienne, même si elles en sont clientes. Ici, après avoir spolié les planteurs en 1969 avec la complicité d’un syndicaliste et politicien fraudeur, puis fermé des usines et accumulé leurs profits, les sucriers renvoient le sort des agriculteurs réunionnais dans les mains d’actionnaires basés à 10.000 km…
Comme le souligne l’Observatoire de la Mondialisation, nous devons être pleinement conscients du fait que « l’ultralibéralisme soumet toutes les activités humaines à la seule loi du profit et à une compétition sauvage sur un marché mondial ». Voyons donc en tant que citoyens de La Réunion, pays cible de la mondialisation, comment faire face à ce système qui « provoque destructions et délocalisations des industries et des services, baisse des salaires, dégradation des conditions de travail, chômage et précarité, démantèlement des droits sociaux et des systèmes de protection collective ».

 L. B. 


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