Edito

La Réunion est en faillite

Témoignages.re / 4 octobre 2010

Récemment, l’INSEE et l’IEDOM ont révélé qu’en 2009 l’économie réunionnaise est entrée en récession. La richesse créée (PIB) est en baisse de 2,7% et la croissance économique a chuté de 10 points. Parallèlement, les aides sociales augmentent. Les versements ASSEDIC ont bondi à 32,2%, résultat d’une augmentation de travailleurs licenciés.
Cette situation a fait réagir le monde du BTP qui a conduit employeurs et employés à descendre dans la rue ensemble pour réclamer la relance des chantiers. Manifestation historique à bien des égards : en pleine crise, il faut s’unir.

La réponse du pouvoir était très attendue. Pour la circonstance, il fut inventé un "Haut Conseil de la Commande Publique", présidé par Margie Sudre. À cette occasion, Didier Robert a annoncé que depuis le mois de mars, il avait engagé 320 millions d’euros de travaux.
Le Préfet avait l’air de dénoncer que seulement 25% d’un milliard d’investissements potentiels avait été engagé, soient une somme de 250 millions. Didier Robert qui prononce le mot "dynamique" dans tous ces propos était devenu aphone devant la déclaration confondante du préfet. Car, même à considérer que la totalité des investissements était faite par la Région, la tromperie porte sur 70 millions de mensonges.

Trois semaines après, le gouvernement annonce les grandes lignes de son budget pour 2010. Le coup de rabot prévu n’a pas épargné les dispositifs d’incitation à l’investissement dans les DOM, notamment la célèbre défiscalisation. C’est la douche froide pour tous les investisseurs. Plus sérieusement, c’est le secteur de l’installation du photovoltaïque qui paye le plus lourd tribut. Les opérateurs ont dénoncé cette décision « brutale » et sans « concertation », alors que des opérations sont en cours.
Mais Didier Robert est député ; il siège au bureau de l’UMP ; il a ses entrées à l’Élysée, chez Baroin, le ministre du Budget, chez son Fillon qu’il a invité, ici. Qu’attend-il pour intervenir auprès du gouvernement pour faire reculer cette menace ? Allez, un petit effort !

Car, les 320 millions qu’il a annoncés à la Préfecture sont tous des programmes d’investissements qui ont été engagés par l’équipe de Paul Vergès. Il ne fait aucun effort, il exécute. Par contre, les prévisions de ses amis parisiens correspondent à un manque à gagner pour notre économie de 320 millions ! Si on n’arrive pas à redresser, la récession va s’accélérer et, dès 2010, La Réunion sera en faillite.

J.B.


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