Edito

La Réunion n’est pas prête à subir les effets d’une guerre

J.B. / 8 janvier 2016

Un essai nucléaire en Corée du Nord suscite la plus grande inquiétude aux Nations-Unies. Ce pays était déjà détenteur de la bombe atomique, tout comme les États-Unis, la Russie, la France, la Chine, la Grande-Bretagne, Israël, l’Inde et le Pakistan. Mais mercredi, la Corée du Nord a annoncé avoir fait exploser la bombe H. C’est une arme mille fois plus puissante que celle utilisée par les États-Unis pour raser Hiroshima et Nagasaki, et tuer instantanément des dizaines de milliers de personnes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est entendu sur une déclaration commune, indiquant « qu’une menace claire pour la paix et la sécurité internationale continue d’exister ».

Au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite et les autres dictatures du Golfe continuent de mener la guerre au Yémen. Elles ont également choisi de durcir le ton face à l’Iran. La tension a monté brutalement suite à l’exécution par le gouvernement saoudien d’un opposant politique qui était également un responsable religieux chiite. Ce crime a provoqué des manifestations en Iran visant notamment l’ambassade d’Arabie Saoudite. En représailles, l’Arabie Saoudite a décidé de rompre les relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran.

Hier, l’Iran a accusé la coalition des armées des dictatures du Golfe d’avoir délibérément visé son ambassade au Yémen. L’Iran portera l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Ces faits font craindre une guerre.

Pour La Réunion, une telle issue serait dramatique. La guerre empêchera les relations commerciales normales. La dernière fois que notre île a connu une telle situation, elle avait 250.000 habitants. Les bateaux n’arrivaient plus, et La Réunion a sombré dans la malnutrition. Aujourd’hui, la dépendance de notre île aux importations est encore plus grande, alors qu’elle compte environ 850.000 habitants.

Elle est très loin de l’autosuffisance dans de nombreux domaines. La Réunion importe la totalité de l’énergie nécessaire aux transports. Elle ne produit pas de riz, l’aliment de base des Réunionnais. Une rupture brutale des relations commerciales aurait donc des conséquences plus grave encore que le blocus subi pendant la Seconde guerre mondiale.

Cette menace de guerre doit alerter sur cette dépendance. La Réunion n’est pas prête à subir les effets d’une guerre.


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