Edito

La Réunion ne se situe pas aux Antipodes de l’océan Indien

J.B. / 9 février 2016

Une dépression tropicale se situe au large des côtes de La Réunion. Hier, elle était à plus de 300 kilomètres. Depuis le week-end dernier, notre île est sous son influence. La vigilance fortes pluies est déclarée dans le Nord, l’Est et le Sud sauvage, tandis que la vigilance vents forts concerne le Sud et l’Ouest. Alors que la tempête est éloignée de nos côtes, elle amène un lot de perturbations.

Ce sont tout d’abord les plus de 200.000 élèves, collégiens, lycéens et étudiants qui vont en cours dans ces conditions. Ce sont ensuite d’importants embouteillages. Ces bouchons sont habituels en pareil cas, mais chaque année ils s’amplifient à cause de l’augmentation continue du parc automobile. 2015 a été un record dans ce domaine, avec plus de 27.000 nouvelles immatriculations.

La Réunion est une île tropicale de l’hémisphère Sud. Elle connaît en ce moment un temps habituel pour la saison. Mais les difficultés rencontrées soulignent l’inadaptation.

Au fil des années, les vacances d’été, celles de la saison cyclonique, sont toujours plus courtes. Cette année, les élèves auront plus de repos en hiver qu’en été. C’est exactement l’inverse de ce qui est proposé à la majeure partie de leurs camarades qui vivent sous d’autres cieux. Or, le calendrier scolaire à La Réunion tend à se rapprocher de celui d’un pays situé aux Antipodes, dans une zone tempérée de l’hémisphère Nord. Il y a fort à craindre que si le temps pluvieux se prolonge, des journées de classe seront perdues. Cela met de nouveau en évidence le problème du calendrier. Pourquoi n’est-il pas climatique, comme en France ?

Les embouteillages sont aussi une conséquence de l’inadaptation. L’automobile est un mode de transport développé à l’origine pour répondre aux besoins de populations vivant dans des pays qui n’ont pas la même géographie que La Réunion. La plus grande partie de la population se concentre sur une bande littorale, entre l’océan et la montagne. Dans n’importe quel pays du monde, une si forte proportion d’urbains oblige au développement des transports collectifs sous peine de coma circulatoire. Mais ce n’est pas le cas à La Réunion, où les investissements ne sont pas destinés à remettre le train en service, mais à essayer de construire une improbable route en mer destinée aux automobiles, la NRL. Quand la réalité du climat tropical se rappelle au bon souvenir des responsables de cette situation, la population paie le prix fort, engluée dans les embouteillages.

En effet, n’oublions pas que le train, c’est le même temps de parcours qu’il pleuve ou qu’il vente, et le même prix quelle que soit la saison. C’est donc l’assurance d’arriver en temps et en heure à destination, même quand une perturbation croise au large de La Réunion.

C’est ce dont sont privés les Réunionnais. Les responsables de ce gâchis sont connus, ils se sont disputés la présidence de la Région Réunion au second tour des régionales. Mais paieront-ils un jour la facture ?

J.B.


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