Edito

La Réunion, ton patrimoine fout le camp

Témoignages.re / 8 octobre 2010

L’économie réunionnaise est entrée dans une crise aigüe, occasionnant la disparition progressive du capital réunionnais ainsi que le savoir-faire de plusieurs générations d’entrepreneurs. C’est une perte immense qui interpelle tous les défenseurs des intérêts réunionnais. Les secteurs de l’industrie et de la distribution après celui du BTP sont très touchés. Pour la plupart des entreprises, les repreneurs récupèrent un patrimoine historique de l’entreprenariat local.

Il y eut la vente spectaculaire du groupe Quartier Français, avec ses 2 dernières usines sucrières ainsi que ses filiales. TEREOS, une coopérative de betteraviers, détient désormais tout le patrimoine, financier, industriel et intellectuel de la filière. C’est une histoire longue de plusieurs siècles qui tourne une page. TEREOS s’empare ainsi d’un patrimoine exceptionnel.

C’est le groupe Caillé, fort de 45 sociétés, qui ne résiste pas aux difficultés de la crise économique qui est venue stopper net les perspectives de développement et de croissance. Très endetté, il a été obligé de vendre plusieurs sociétés et d’en liquider certaines autres à des repreneurs locaux et extérieurs. Pourra-t-il sauver le reste en se recentrant sur la distribution alimentaire et la vente de voiture ? Le pronostic est réservé, si on veut parler avec le jargon médical.

La série continue avec le groupe EDENA, figure historique de l’industrie et de la distribution de l’eau. Des repreneurs locaux sont sur les rangs. Ils devront affronter la concurrence extérieure.

C’est maintenant le tour du groupe Foucque qui commercialise Citroën qui montre des signes d’essoufflement au point d’attiser les convoitises de CMM, appartenant au groupe Pinault-Printemps-Redoute.
Une mention spéciale devrait être attribuée au secteur du BTP qui vit déjà sur ses réserves.
Ces quelques exemples montrent bien que notre patrimoine fout le camp, avec son cortège de licenciement et de drames humains.

J.B.


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