Edito

La Réunion, un pays libre ?

LB / 30 janvier 2010

“Témoignages” a attiré l’attention de l’opinion et des décideurs hier sur l’aggravation du chômage à La Réunion ces douze derniers mois : 126.000 Réunionnais privés du droit au travail, soit 20.000 de plus en un an (plus 24%). Cette information est d’autant plus grave qu’en France, où le taux de chômage est plus de trois fois inférieur à celui de La Réunion, le nombre de chômeurs (catégorie A) a diminué de 0,6% le mois dernier.
Cela illustre une fois de plus que l’assimilation de l’économie réunionnaise à celle de France est un non-sens et que, près de 64 ans après l’abolition du statut de colonie de notre pays par la loi Vergès-Lépervanche, nous sommes toujours dans un système néo-colonial. Comme ce système est injuste et ne peut pas durer, il doit être remis en cause par de nouvelles structures au service de l’intérêt général et de la cohésion sociale.

Au même moment est annoncée la création par la Région et la moitié des communes réunionnaises d’un outil institutionnel efficace — la Société publique locale d’aménagement (SPLA) Maraïna — pour réaliser des projets de développement au service des Réunionnais et créateurs d’emplois. La Réunion est le 1er DOM à se doter d’un tel outil, grâce à des collectivités de toutes les obédiences politiques, et cette façon de travailler ensemble peut redresser la situation.
Face à un événement aussi important et d’une portée historique, que font les médias au service du sytème néo-colonial ? Ils le minimisent ou le dénigrent, et la radio du service public d’information va même jusqu’à le censurer dans sa revue de presse…

Lorsque plus d’un Réunionnais en âge de travailler sur trois est soumis à un système socio-économique et politique qui ne respecte pas son droit à un emploi stable et payé décemment, où est la liberté de ce peuple ?
Lorsque plus d’un Réunionnais sur deux doit vivre sous le seuil de pauvreté, alors qu’il y a largement assez d’argent dans ce pays pour répondre aux besoins essentiels de tous, sommes-nous libres de pratiquer un partage équitable des richesses et des revenus ?
Lorsqu’un droit humain aussi important que le droit à l’information des Réunionnais n’est pas respecté, La Réunion est-elle un pays libre ?
Confronté à toutes ces violences sociales aux effets dramatiques et fidèle à ses ancêtres marrons, jamais le peuple réunionnais ne renoncera à lutter pour le respect de ses droits et pour sa liberté.

L. B.


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