Edito

La rumeur sera-t-elle confirmée ?

J.B. / 16 octobre 2013

Demain, un membre du gouvernement arrive à La Réunion. C’est le ministre des Outre-mer, un socialiste. Selon une rumeur de couloir à la Région, ce ministre pourrait participer à une séquence destinée à faire de la publicité pour la route en mer de Didier Robert. Demain, nous verrons bien si les actes pourront donner du crédit à une rumeur qui semble défier toute logique.

En effet, Didier Robert cherche à embarquer la Région, et donc tous les contribuables, dans une aventure totalement irresponsable. Il prétend depuis des années qu’il sera capable de mener à bien la construction d’une route en mer sur de grands fonds, située sur la trajectoire des cyclones, en respectant un budget de 1,6 milliard d’euros fixé voici 3 ans !

L’autre défi à la logique, c’est que pour le moment, aucune expertise financière sur la réalisation de ce projet n’ait été menée par les pouvoirs publics. Cette démarche constitue une garantie minimale pour les deniers publics. Rappelons que les constructeurs du tram-train avaient demandé une telle expertise. Ce projet avait passé l’examen avec succès, ce qui est un gage de sérieux pour sa réalisation.

Mais pour la route en mer de Didier Robert, pas la moindre mission d’expertise financière et économique. Le préfet n’a même pas daigné répondre à la demande d’élus du peuple qui ont sollicité cette mesure d’intérêt général. Nul doute que cette mission sera bientôt diligentée afin de faire toute la lumière sur ce qui se trame, à moins que…

Si un ministre venait à La Réunion pour annoncer le soutien du gouvernement à la route en mer, il engagerait alors La Réunion dans un projet aux conséquences irréparables. Irréparables aussi bien sur le plan environnemental que financier, avec pour conséquence un endettement des Réunionnais sur des décennies, et un siphonage de fonds européens durement acquis, tout cela pour 12 kilomètres de route.

Voilà qui ne manquerait pas de faire resurgir au premier plan une tactique qui semblait défier toute logique. C’était au régionales en 2010, quand le PS avait choisi de soutenir la victoire de l’UMP aux régionales plutôt que d’être aux côtés de l’Alliance. Le futur sénateur PS Vergoz avait même félicité Didier Robert pour son élection à la présidence, ce que le socialiste n’avait jamais dit à Paul Vergès, le prédécesseur du dirigeant UMP de la Région. Les conséquences de la trahison furent immédiates, avec en particulier l’arrêt du chantier tram-train et la suppression des milliers d’emplois qu’il allait créer dans les mois suivants. Le plan d’autonomie énergétique était lui aussi stoppé, tandis que les décisions de la nouvelle majorité régionale allaient donner un coup d’arrêt à Air Austral au détriment d’Air France.

Personne n’a oublié ce précédent.

La rumeur va-t-elle se confirmer ?

 J.B. 


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