Edito

La sécurité de la vie privée en question après les révélations sur les écoutes

J.B. / 1er juillet 2013

La visite du Président chinois Xi Jin Ping aux États-Unis avait été précédée par une campagne médiatique accusant la Chine de pénétrer les systèmes informatiques d’entreprises et institutions américaines pour y recueillir des informations. Ils qualifiaient cela de piratage de données. Malgré les démentis chinois, le sujet fut traité lors des entretiens. Et, d’après le communiqué final, il a été prévu de mettre sur pied un comité conjoint pour traiter de « la cyber-sécurité ».

Et puis, le monde entier découvre, par la dénonciation d’un ancien employé recruté pour espionner, que les États-Unis espionnent à partir des données transmises par les sociétés d’exploitations de données privées et publiques, comme Google et Facebook. La Chine a demandé aux États-Unis des explications sur les dénonciations en cours. Le scandale vient de prendre un tournant avec la publication par un journal allemand des documents montrant que les institutions et personnalités européennes ont été espionnées. Les protestations fusent de partout contre le grand pays donneur de leçons de la liberté et de respect de la vie privée.

Désormais, grâce à la dénonciation de l’agent Snowden, nous apprenons que plus personne n’est ni en sécurité, ni libre sur toute la planète. Ces informations ont été rapportées après celles qui ont annoncé que les États-Unis utilisaient des drones pour tuer des personnes en totale contradiction avec les règles des droits humains. Apparemment, plusieurs milliers de personnes ont péri ainsi de manière expéditive.

Ces affaires nous ramènent à La Réunion quand les bureaux du président du SIVOMR, Paul Vergès, et de son directeur de Cabinet ont été espionnés dans les années 90, et ce, durant plusieurs années. Le matériel d’espionnage a été découvert et plainte a été portée. Malgré des preuves indéniables, aucune suite favorable n’a été réservée à cette histoire. Et, pourtant, tout le monde avait pointé les services d’espionnage français, en lien avec des services de l’Etat, qui avaient monté des opérations analogues auprès d’autres personnes.

Ces cas illustrent parfaitement l’absence de liberté et le manque de courage des puissants de ce monde. Les États-Unis et la France se proclament grands pays défenseurs des Droits humains alors qu’ils n’hésitent pas à mener des opérations illégales d’écoutes.

J.B.


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