Edito

La Sécurité sociale existe à La Réunion grâce aux communistes réunionnais

J.B. / 29 décembre 2015

Dans son édition d’hier, le JIR a publié un dossier sur la Sécurité sociale. Cette institution fête ses 70 ans. Inscrite dans le programme du Conseil national de la résistance, elle a été appliquée après la guerre. Elle a depuis largement prouvé son efficacité, rendant possible ce qui était inaccessible : se soigner et avoir droit à un revenu minimum pour vivre.

En complément de ce dossier, il est important de connaître pourquoi la Sécurité sociale existe à La Réunion.

Elle était un des buts principaux de la fondation du CRADS et des élections de 1945. L’abolition du statut de colonie et la création du département devaient en effet amener à l’extension de la Sécurité sociale à La Réunion. Mais cela ne s’est pas fait sans opposition. Les communistes ont alors mené la bataille pour expliquer à la population ce qu’était la Sécurité sociale, alors que les partisans du statu quo mentaient en disant aux travailleurs qu’une partie de leur argent allait disparaître dans des caisses.

Cette bataille était difficile, face aux tenants de l’ordre établi qui utilisaient toutes les pires méthodes pour empêcher la Sécurité sociale d’arriver à La Réunion. Malgré cela, les communistes ont réussi, le rassemblement a triomphé et la Sécurité sociale s’est appliquée à La Réunion à la suite de l’élection de deux députés du CRADS, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche.

Mais les vaincus du 19 mars ont continué à multiplier les obstacles pour que les Réunionnais ne puissent pleinement bénéficier de leurs droits. La majorité des allocations familiales dues aux travailleurs étaient détournées pour payer les cantines scolaires notamment. Il a fallu alors la démission de deux députés communistes, Paul Vergès et Elie Hoarau, pour qu’enfin un président de la République s’engage à réaliser au cours de son second mandat ce que la loi donnait aux Réunionnais depuis 1946, avec 50 ans de retard.

Les Réunionnais ont souffert de la même discrimination lors de la création du RMI. Il recevait une allocation amputée de 20 %, et ce n’est qu’en 2001 que cette injustice a été réparée.

La Sécurité sociale à La Réunion est donc un long combat victorieux mené par les communistes réunionnais.


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