Edito

La seule limite du trafic est le prix du billet d’avion

J.B. / 21 août 2017

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Si le projet de l’ancienne direction d’Air Austral n’avait pas été abandonné, les Réunionnais auraient déjà droit à des billets d’avion 30 % moins chers, sans subvention avec l’Airbus A380.

Une nouvelle compagnie aérienne est arrivée dans le ciel réunionnais depuis le mois de juin : French Blue. Elle se positionne sur le créneau du low-cost long-courrier. Son mode de fonctionnement vise à proposer des prix plus bas que la concurrence. La publication des chiffres de la fréquentation de l’aéroport Roland-Garros du mois de juillet étaient donc très attendus. Ils allaient pouvoir permettre de mesurer l’impact de l’arrivée de French Blue sur un mois plein.

Entre La Réunion et la France, 70.000 passagers ont été transportés. C’est une progression importante : 16,2 % de plus qu’en juillet 2016. Cela fait 9.350 allers-retours de plus. Dans le même temps, French Blue a transporté 10.500 personnes. Cela représente dès ce premier mois complet de desserte 15 % du marché. Cela signifie également que la principale arrivée d’un nouvel opérateur capable de vendre des billets d’avion moins chers a augmenté le trafic. En effet, en comparaison avec 2016, les 4 compagnies qui exploitaient déjà les différentes lignes entre La Réunion et la France ont perdu 1.150 passagers allers-retours.

Ceci confirme l’analyse présentée dans « Témoignages » du 21 juillet : chaque arrivée d’une nouvelle compagnie tire les prix vers le bas et augmente le trafic entre La Réunion et la France. C’est la principale raison qui explique la progression en escalier de la fréquentation des vols : de 3.000 passagers en 1960 à sans doute près de 1,2 million cette année.

Si la tendance observée avec l’arrivée de French Blue se confirme, alors les Réunionnais pourront se rendre compte qu’ils auront perdu plusieurs années à cause de l’arrêt du projet d’Airbus A380 qui devait être exploité en low-cost par Outremer 380, filiale d’Air Austral. En effet, un des arguments utilisés par la nouvelle direction d’Air Austral pour refuser le projet était de dire que la mise en ligne de cet avion allait créer une concurrence à l’intérieur du groupe et à un transfert des passagers vers l’A380 au détriment d’Air Austral. Les derniers chiffres de la fréquentation de Gillot montrent au contraire qu’une baisse des prix de 30 % pour les passagers de l’A380 aurait mécaniquement entraîné une hausse du trafic global, et donc des pertes limitées dans ce domaine pour Air Austral. Autrement dit pour Air Austral, la crise ne menace pas à cause de l’arrivée du low-cost, mais pour d’autres raisons.

J.B.