Edito

La société réunionnaise est au bord de l’explosion

J.B. / 4 décembre 2012

Partout, on sent poindre les signes annonciateurs des fêtes de fin d’années. Dans 4 semaines, on aura tourné la page de l’année 2012. Chacun pourra, alors, regarder dans le rétroviseur et faire le point sur l’année qui s’achève.

Le bilan qui nous intéresse, c’est l’emploi, car nous vivons dans une société où le travail est un élément structurant de la cohésion sociale. Que sont devenus ceux qui n’avaient pas d’emploi au 1er janvier 2012 ? Dans quel état se trouvent-ils ?

Dans sa dernière livraison, Pôle Emploi assure qu’en octobre, il y avait 162.000 Réunionnais au chômage, parmi lesquels 76.000 étaient en chômage de longue durée, c’est-à-dire qui comptaient plus d’un an sans activité.

Pour toutes ces personnes, leur situation ne s’est pas améliorée, et elle ne va pas s’améliorer au cours de l’année qui vient. Si elles vivent encore d’allocations, ce serait une chance, car sur les 160.000, seules 52.000 perçoivent encore une indemnité. Les autres sont abandonnés à leur sort.

Pour toutes ces personnes abandonnées et sans espoir de trouver un emploi, les années passent, mais leurs conditions sociales ne s’améliorent pas.

Pourront-ils faire mieux en 2013 ?

Hélas, nous pouvons affirmer sans nous tromper que ces personnes vont encore souffrir. Les mesures gouvernementales proposent des emplois aidés très limités, en nombre et en durée. Ils seront confrontés à l’arrivée de 7.000 jeunes, diplômés ou non, qui quittent le cycle scolaire et viennent grossir le rang des sans emploi. En outre, durant l’année écoulée, des milliers d’autres ont perdu leurs activités. Au total, le nombre de sans emploi va augmenter.

Enfin, il y a les travailleurs précaires ou saisonniers. Ces personnes n’ont pas eu une année pleine, mais peuvent jongler avec des systèmes d’indemnisation ou de chômage de courte durée. Elles ont toujours l’espoir de pouvoir rebondir. Ce sera difficile.

Pendant ce temps, ces catégories de personnes constatent qu’à côté d’elles, d’autres disposent des emplois à vie et perçoivent des suppléments de traitements. Une telle société, aussi inégalitaire, ne peut pas tenir. Elle explosera.

J.B.


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