Edito

La solidarité de classe des possédants se radicalise

J.B. / 5 juin 2012

Une nouvelle vient de résonner comme un coup de tonnerre en Europe : le groupe Schlecker a fait faillite. Du jour au lendemain, 25.000 travailleurs ont perdu leur emploi. Le quotidien économique "Les Echos" n’y va pas par quatre chemins, il estime que « l’Allemagne enregistre la plus grande faillite de son histoire ». Cette catastrophe sociale ne se passe pas en Grèce, en Espagne ou au Portugal mais bien en Allemagne, le pays présenté par les médias comme celui qui tient l’Europe à bout de bras.
Cette faillite montre l’ampleur de la crise en Europe. Car en France, des patrons s’apprêtent à supprimer des dizaines de milliers d’emplois au lendemain de la défaite de Sarkozy. Les "plans sociaux" dans les tuyaux ressortent après la défaite du candidat favori du grand patronat.

Que penser alors de la situation à La Réunion ? Car à l’échelle de notre île, des crises aussi graves que la plus grande faillite de l’histoire de l’Allemagne se produisent tous les mois. Notre pays compte désormais bien plus de 150.000 demandeurs d’emploi. Mais à la différence des faillites en Europe, des élus politiques ont de lourdes responsabilités dans cette aggravation. Quand Didier Robert décide de stopper le chantier du tram-train, il enlève le pain de la bouche à 4.000 Réunionnais prêts à travailler sur le chantier.
À l’échelle de la France, c’est comme si un gouvernement décidait de maintenir 400.000 travailleurs au chômage. C’est tellement énorme que cela ne pourrait que susciter de vives réactions de l’opposition. Devant un tel crime économique, nul doute que les députés auraient multiplié les initiatives spectaculaires. Mais ceux qui sont chargés de représenter La Réunion à l’Assemblée nationale ont brillé par leur discrétion. Que les élus UMP soient silencieux n’étonne guère, mais que des députés de La Réunion membres de l’opposition affichent aussi clairement une solidarité de classe avec les démolisseurs du tram-train est tout simplement révoltant.
C’est le révélateur d’une faillite totale, et donc du besoin urgent de sortir ces sortants.

En effet, s’ils ont été incapables de protester contre le plus grave crime économique perpétré à l’encontre des Réunionnais, comment croire qu’ils pourront faire entendre la voix de la population ? Car si le gouvernement change, eux restent ce qu’ils sont.
Mais dans un contexte aussi grave, les représentants que les Réunionnais se choisiront devront être les défenseurs sans concessions du plan de développement négocié par le PCR avec François Hollande, qui est devenu le contrat entre le nouveau président de la République et la population.
C’est bien ce type de députés que les Réunionnais veulent élire, et c’est pour cela que les conservateurs en sont réduits à ressusciter les pires méthodes. Au moment où le changement est possible, la solidarité de classe des possédants se radicalise.

J.B.


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