Edito

La solidarité n’a rien à voir avec la mendicité

LB / 12 novembre 2009

Des dizaines de milliers de Réunionnais ont exprimé hier de différentes façons leur fierté de voir une entreprise réunionnaise, dirigée par des compatriotes au service de leur pays, réaliser une grande première comme cet investissement dans l’Airbus 380. Comme l’ont expliqué notamment les responsables de l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion (CCIR), ce travail d’Air Austral contribuera à ouvrir notre pays au monde et à résoudre une partie de nos problèmes.
C’est pourquoi le président de l’IRT, Pierre Vergès, a souligné avec raison sur Télé-Réunion que les Réunionnais ont réellement intérêt à en finir avec « l’autoflagellation » héritée de la colonisation. Et qu’ils doivent se sentir fiers de tout ce qu’ils sont capables de faire par eux-mêmes pour construire leur avenir.

Cette culture de la responsabilité réunionnaise ne s’oppose pas à la réalisation d’un partenariat équitable et loyal entre les institutions de La Réunion et l’État. Au contraire, les deux sont liées, au nom du respect des principes de la République dont nous faisons partie.
Aussi, lorsque l’éditorialiste du "JIR" d’hier se moque des Réunionnais qui se battent afin que l’État assume ses propres responsabilités pour contribuer au développement durable de La Réunion, malheureusement il se trompe. Les Réunionnais qui demandent à l’État de respecter le principe d’égalité dans la République ne se comportent pas en mendiants qui vont « crier, pleurer et aller quémander à Paris ».

Déjà, ce serait bien que ce journaliste — comme d’autres d’ailleurs et comme certains politiques — contribue à renforcer l’union et la solidarité réunionnaises pour résoudre nos problèmes plutôt que de chercher à nous diviser. Ensuite, n’oublions pas le devoir de solidarité que la République se doit d’accomplir à l’égard des Réunionnais, qui ont eux-mêmes payé très cher depuis plus de trois siècles et demi pour libérer la France et l’enrichir.
Il n’est que juste que la France soit solidaire de notre peuple en grandes difficultés. C’est une question de respect et d’équité, et cette solidarité n’a rien à voir avec la mendicité.

L. B.