Edito

La volonté d’émigrer entretenue par la hausse du chômage

J.B. / 14 janvier 2017

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L’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié hier son rapport « Emploi et questions sociales dans le monde - Tendances 2017 ». D’après les prévisions de l’OIT, le chômage va augmenter cette année.

« Nous sommes confrontés à un double défi : réparer les dommages causés par la crise économique et sociale mondiale et créer des emplois de qualité pour les dizaines de millions de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail », déclare le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. Il précise que « la persistance d’un haut niveau d’emploi vulnérable, associée à un net manque de progrès dans la qualité des emplois – même dans les pays où les chiffres globaux s’améliorent – est alarmante. Nous devons veiller à ce que les gains de croissance soient partagés ». Ainsi, 1,4 milliard de personnes ont un emploi précaire dans le monde.

Derrière cette moyenne se cachent des évolutions contrastées. C’est en Amérique latine et dans la Caraïbe que la hausse du chômage est la plus élevée. En Afrique, elle ralentit. Pour l’OIT, la croissance démographique est un facteur qui pèse très lourdement sur ces résultats.

Dans les pays d’Amérique du Nord et d’Europe, le chômage devrait baisser. Mais ceux qui sont privés de travail le seront plus longtemps. « En Europe comme en Amérique du Nord, le chômage de longue durée demeure obstinément élevé par rapport aux niveaux d’avant la crise et, dans le cas de l’Europe, il continue de grimper en dépit des taux de chômage en baisse », note l’OIT.

L’OIT confirme que le chômage est une des explications à la crise des migrants. « Le rapport rappelle que l’incertitude générale et la pénurie d’emplois décents, entre autres facteurs, alimentent les troubles sociaux et l’émigration dans de nombreuses régions du monde.

Entre 2009 et 2016, la part de la population en âge de travailler désireuse de s’expatrier a augmenté dans presque toutes les régions du monde, exceptions faites de l’Asie du Sud, de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique. L’augmentation la plus importante concerne l’Amérique latine, les Caraïbes et les Etats arabes ».

Pour réduire le chômage, l’OIT propose des plans d’investissement, et une coopération entre les États. Cela signifie qu’un seul pays ne peut avoir à lui seul la solution à ce problème, car le chômage n’a pas de frontière.

Ces prévisions montrent donc que le nombre de réfugiés voulant venir en Europe va continuer à augmenter. Toute mesure de fermeture ne fera donc qu’amplifier la crise, comme le rappelle le bilan dramatique des milliers de victimes de la traversée clandestine de la Méditerranée.

Une mondialisation de l’économie s’est imposée, elle a aussi pour conséquence une mondialisation du chômage. C’est pourquoi la solution ne réside pas dans le repli sur soi, mais dans le renforcement de la solidarité entre les peuples.


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