Edito

Le 6 mai sera la défaite de Didier Robert

J.B. / 4 mai 2012

Didier Robert multiplie les apparitions à la télévision dans un sursaut désespéré. Comme son mentor Sarkozy, il utilise les mêmes arguments, le mensonge.
Le président de la Région partage en effet avec le président de la République un redoutable point commun : un bilan désastreux. Mais s’il a fallu 5 ans à Sarkozy pour mettre sur la paille un pays de 60 millions d’habitants, 2 années ont suffi à Didier Robert pour un résultat encore plus grave à La Réunion.
L’illustration du mensonge, c’est quand Didier Robert dit à la télévision que Paul Vergès n’a rien fait pour réaliser le tram-train.

Les faits sont pourtant là et connus de tous. Le tram-train est financé pour sa construction. C’est pour cela que le groupement Tram’tiss a signé avec la Région le contrat de partenariat public-privé qui doit lancer le chantier. Reste alors à régler un dernier point, celui du fonctionnement. En France, la gestion des voies ferrées dépendait de l’État, qui en était le propriétaire via une société nationalisée et ses filiales. La décentralisation a transféré la compétence des voies ferrées et des trains régionaux aux Régions. Ces collectivités ont donc hérité gratuitement d’un réseau déjà construit et de trains déjà achetés. Pour financer l’entretien de ce réseau, l’État a décidé de verser annuellement une dotation ferroviaire à chaque collectivité.

À La Réunion, c’est à l’initiative de l’État que le chemin de fer a été supprimé. C’est par la Région qu’est venu le projet de réparer cette erreur historique. Sous la mandature de Paul Vergès, la Région Réunion a donc décidé de financer la majeure partie de la reconstruction du chemin de fer, ce qu’aucune Région de France n’a eu à faire. Il ne restait donc à l’État qu’à payer une part résiduelle du chantier, et à assurer le versement d’une dotation à la Région pour financer l’entretien, comme il verse à toutes les autres Régions.
Mais le gouvernement UMP de Sarkozy a décidé de refuser cette égalité aux Réunionnais. C’est là qu’est venu le premier blocage.

Elu à la tête de la Région grâce à des socialistes, Didier Robert aurait pu utiliser son appartenance au même parti que Sarkozy pour faire sauter ce verrou. Il aurait pu demander au gouvernement le versement d’une dotation annuelle pour le tram-train. Mais il n’a pas agi dans ce but. Il a traité le tram-train comme la rocade Sud au Tampon : il a décidé de démolir le projet. C’est bien lui le responsable de l’arrêt de ce chantier, et de l’annulation de celui de la route du Littoral prévu dans le protocole signé par le président de Région et le Premier ministre en 2007. Sarkozy est son complice, car il est revenu sur l’engagement de l’État dans ces deux projets.

Il est bien clair que dimanche, tout vote contre Sarkozy sera aussi un vote contre la politique de Didier Robert qui fait tant souffrir la population. Le 6 mai sera une défaite de Sarkozy, et de l’application de sa politique à La Réunion par Didier Robert.

J.B.


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