Edito

Le 6ème Congrès de la WIOMSA le confirme : Nul n’est prophète en son pays

Témoignages.re / 31 août 2009

Vendredi le 6ème Congrès de la WIOMSA [1] a tenu ses travaux de clôture à la Région.
Les participants ont dit leur satisfaction pour la façon dont ils ont été accueillis par les organisateurs et les facilités mises à leur disposition par l’Université.
Pour le secrétaire exécutif de l’Association WIOMSA, M. Julius Francis : « La Réunion aura sans aucun doute un rôle moteur dans la mise en place du développement durable dans la zone. […] La Réunion dispose d’infrastructures, d’équipements et de chercheurs qui en font une pièce maîtresse de la stratégie de développement durable. 
[…] Sur le plan régional, La Réunion est très active et est intégrée à des programmes régionaux et internationaux de premier rang. 
[…], elle s’intègre de manière croissante dans des programmes régionaux d’échange scientifiques. Nous sommes tous très demandeurs en la matière, et voudrions voir plus d’étudiants et de chercheurs Réunionnais effectuer des travaux scientifiques dans nos pays respectifs  [2] ».
Quant à la présidente de la WIOMSA, le Docteur Mme Nyawira Muthiga, qui terminait là son mandat, elle a déclaré « le changement climatique est une question d’ordre mondial. Il nous faut anticiper sur les problèmes à venir et voir l’essentiel : comment s’adapter face à ces bouleversements ».
Puis, la présidente en est venue à dresser, avec le plus de diplomatie possible, le constat de carence de la presse : « L’information scientifique est insuffisamment transmise aux décideurs politiques. De ce point de vue, il y a un immense travail à faire en cette direction pour que tous nos travaux servent dans la vie quotidienne. Notre préoccupation est donc de voir comment faire passer les bonnes informations auprès des bonnes personnes et ainsi les choses iront plus vite dans la bonne direction ».
Ce qui est pour le moins curieux, c’est que Paul Vergès n’a de cesse de tenir le même langage depuis septembre 1996. Le réveil de nos médias locaux a été extrêmement long à se dessiner sur ces questions. Et, malheureusement, on ne peut pas dire que — bien que nous soyons une île — ces questions obnubilent le service public d’information. Son impavidité sur ces sujets a été, une fois encore, remarquable. Quatre cents chercheurs venus du monde entier pour s’inquiéter du devenir de notre région indianocéanique, n’ont pas été jugés suffisamment dignes d’intérêt pour que RFO radio ou télé nous les présentent et les interrogent sur les questions passionnantes dont dépend notre avenir !
Lueur d’espoir cependant, puisque l’an prochain, le 7ème congrès de la WIOMSA se tiendra à Madagascar, aux Seychelles ou bien aux Comores. Nul doute que, pour des raisons hautement scientifiques, RFO radio et télé sauront alors discerner toute l’urgence qu’il y a d’envoyer là-bas des envoyés spéciaux pour nous entretenir des questions abordées par les congressistes. Sans doute parce que la communication sur de tels sujets passe beaucoup mieux sous les cieux Seychellois ou autres qu’à La Réunion, à quelques encablures seulement des locaux du Barachois.
La 6ème WIOMSA vient de le confirmer : nul n’est prophète en son pays.

Jean Saint-Marc

[1WIOMSA : Western Indian Ocean Marine Science Association (Association des sciences marines de l’océan Indien occidental)


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