Edito

Le changement de politique est une urgence sociale

Témoignages.re / 6 février 2013

Le régime politique actuel est arrivé à ses limites. Il n’est plus capable de répondre aux attentes les plus élémentaires de ses citoyens. Ce constat est de plus en plus partagé dans toutes les couches de population. Cette réalité que le PCR avait anticipé par l’analyse s’est imposée un peu plus chaque jour.

Au 31 décembre 2012, La Réunion comptait 22 820 chômeurs âgés de moins de 25 ans. La réalité sociale qui sous tend ce chiffre a été largement commentée. Dans la même livraison, on apprenait que dans l’année 2012, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 10 000 ! Nous assistons à une dégradation accélérée de cette situation. C’est une preuve éclatante que le système politique actuel n’est plus en mesure de répondre à la demande sociale.

On peut tirer les mêmes conclusions du chiffre de logements sociaux. En 2012, il a été livré 3067 logements alors qu’il en aurait fallu doubler, voire tripler, le nombre. Actuellement, on compte 25 000 demandes de logements non satisfaites. Et, pourtant il est fait obligation au gouvernement de créer les conditions les meilleures pour permettre à l’Etat d’appliquer la loi DALO, le Droit au logement opposable.

Cette loi votée en 2007 avait donné aux pouvoirs publics 3 ans pour se mettre en conformité. Elle stipule qu’une personne ayant effectué une demande logement et qui n’est pas satisfaite de la proposition correspondant à son souhait, peut saisir la commission de médiation de son département puis, si nécessaire, déposer un recours auprès du Tribunal Administratif. Encore, faut-il avoir le nombre de logement adéquat.

Le gouvernement voit bien qu’il n’arrive pas à appliquer le droit ni en matière d’emploi, ni dans le domaine du logement, qui sont 2 éléments essentiels des droits humains reconnus par la Constitution. Dès lors, seul un changement de régime politique peut repenser des solutions spécifiques à la situation réunionnaise. Dans le cadre de la République Française, tout est possible avait dit le candidat François Hollande. En l’espèce, si on ne fait rien ce n’est pas répréhensible, mais qui va assumer le changement historique déterminant ?

Intervenant récemment au Sénat, Paul Vergès a inscrit au plus haut niveau du débat, le changement tant vanté qu’exige la situation de nos compatriotes qui souffrent en silence dans l’indifférence quasi générale.

J.B.


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