Edito

Le chikungunya menace la France

J.B. / 18 juin 2014

Aux Antilles, le chikungunya fait d’importants ravages. La Guadeloupe et la Martinique sont sévèrement touchées. La semaine dernière, le virus avait atteint 28.320 personnes en Guadeloupe et 37.710 en Martinique. Dans les 2 cas, on s’approche des 10% de la population. Déjà on annonce que des Antillais sont morts à la suite de complications due à l’épidémie qui s’étend à toute la population. Il en résulte une paralysie partielle de l’activité économique. Et, on n’en est qu’au tout début, si l’on se réfère à La Réunion.

On se rappelle comment, en 2005 et 2006, notre ile a été le théâtre d’une vaste campagne de lutte contre le chikungunya. Sous estimé par les autorités au début (« une simple grippe qui allait trouver son issue avec l’arrivée de l’hivers austral »), l’épidémie a atteint près de 300.000 personnes, quasiment la moitié de la population. Accusé de laxisme, le gouvernement a même envoyé l’armée qui a utilisé des produits nocifs pour aider à combattre la propagation de la maladie. Les symptômes étaient classiques : forte fièvre, fatigue soudaine et violente, courbature. Il n’est pas rare que des individus se retrouvent avec des séquelles handicapantes. Plus de 400 personnes sont mortes à cause de cette fâcheuse paralysie. La recherche d’un vaccin pour enrayer cette maladie n’a pas encore abouti.

En France, 18 Départements sont déjà infestés. La situation peut basculer d’un moment à l’autre. Le Directeur scientifique de l’Institut de veille sanitaire, Jean Claude Désenclos affirme que « La probabilité pour qu’une épidémie (de chikungunya) se déclare en France cet été est bien plus importante que les années précédentes) ». L’accélération peut aussi venir d’un malade qui aurait transité dans nos îles. Désormais plus personne n’est à l’abri.

J.B.


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