Edito

Le choix de Bello comme tête de liste permet à Didier Robert d’être seul candidat à sa réélection

J.B. / 19 décembre 2015

Pour la première fois depuis la création de la Région Réunion, un seul conseiller régional était candidat à la présidence. Habituellement, au moins deux candidats étaient en lice. Jusqu’en 2004, cela s’expliquait par le mode de scrutin des élections régionales. Aucun parti n’avait à lui seul la majorité. Chaque groupe présentait alors son candidat. C’est pourquoi le président était avant tout celui qui était capable de rassembler, car il devait compter sur le soutien de plusieurs groupes de sensibilités politiques différentes.

En 2004, la réforme des élections régionales permet à la liste arrivée en tête au second tour d’avoir la majorité des sièges. Dans ce cas, l’élection du président dès le premier tour ne fait guère de doute. Cela n’a pas empêché un partage des suffrages entre plusieurs candidats. En effet, un candidat à la présidence doit déposer une déclaration écrite qui fixe les orientations de son mandat. Cette démarche permet donc de voir des propositions se confronter. Elle montre également la cohésion de chaque groupe, capable de s’entendre pour une candidature et un programme commun.

En 2004 et en 2010, majorité et opposition avaient leur candidat. En 2010, Maya Césari était face à Didier Robert. Elle avait obtenu les 12 suffrages de son groupe, les 6 socialistes se sont abstenus et les autres votes sont allés à Didier Robert qui a été élu.

Mais cette année, l’opposition n’a pas présenté de candidat. Elle n’a donc pas non plus déposé de déclaration écrite donnant les orientations qu’elle veut défendre pour les 6 prochaines années. Didier Robert a donc été élu sans aucune opposition.

Les arguments évoqués pour justifier cet abandon sont très étonnants. Il est question de fair-play, de reconnaître le résultat des urnes. Or, des électeurs ont voté pour élire une liste dans l’opposition. Pourquoi les priver d’un candidat à la présidence de la Région ?

Sans doute la vérité est ailleurs. Depuis le début de la semaine, il est acquis que l’opposition a éclaté en deux groupes. Les partis de gauche ne sont plus représentés que par 8 élus, avec seulement 2 du PLR et 2 du PS. Difficile dans ces conditions de se mettre d’accord sur un candidat et un programme communs. Et pour la première fois dans l’histoire de la Région Réunion, l’opposition a été incapable de présenter un candidat à la présidence. Voilà une nouvelle conséquence du choix d’une tête de liste pas rassembleuse au second tour des élections.


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