Edito

Le choix de l’emploi avec l’Union des Forces de Progrès

J.B. / 28 octobre 2015

Force est de constater qu’à une quarantaine de jours des prochaines élections, la question de l’emploi n’a pas la place qu’elle mérite aux élections régionales. Le week-end dernier, l’Union des Forces de Progrès conduite par Patrick Lebreton a rencontré des jeunes pour discuter avec eux des problèmes de l’emploi. Mise à part cette liste, les autres candidats préfèrent annoncer des chiffres mirobolants totalement déconnectés de la réalité, car ils disent vouloir sortir du chômage des dizaines de milliers travailleurs sans changer le système, et sans tenir compte d’événements qui mettront l’économie réunionnaise à rude épreuve : fin des quotas sucriers, remise en cause de la défiscalisation, ouverture de la production réunionnaise à la concurrence de celle des pays voisins.

Le mois dernier, une étude de l’INSEE avait indiqué qu’entre 2007 et 2013, la population active avait augmenté chaque année de 7.300 personnes. Cela signifie que pour simplement stabiliser le chômage, il sera nécessaire de créer au cours des six prochaines années 43.800 emplois. À ces 43.800 emplois s’ajouteront ceux qui devront aussi être créés pour compenser ceux qui seront perdus à cause des rendez-vous qui attendent l’économie réunionnaise au cours des six prochaines années.

Les secteurs stratégiques sont entre les mains de groupes dont les intérêts principaux ne se situent pas à La Réunion. La fermeture de l’usine SIB en 2014 avait rappelé que pour augmenter leur profit à La Réunion, ces groupes sont prêts à délocaliser la production en France. L’ouverture à la concurrence prévue dans l’accord de partenariat économique entre les pays voisins et l’Union européenne amènera la disparition des protections pour l’industrie réunionnaise. Avec le maintien du système actuel, alors de nouvelles suppressions d’emploi sont à craindre à cause des délocalisations.
Ce système empêche les Réunionnais d’avoir leur mot à dire sur des questions essentielles pour leur avenir. Si les Réunionnais avaient eu leur mot à dire dans les négociations entre l’Europe et nos voisins, pourquoi n’auraient-ils pas pu obtenir de sortir des secteurs stratégiques de la concurrence ? La même question se pose pour la survie de la filière canne, lorsque l’on constate que l’Union européenne continue d’ouvrir le marché des sucres roux de canne à des pays capables de produire beaucoup moins cher qu’à La Réunion. Manifestement, la voix des intérêts des Réunionnais n’est pas prise en compte, car rien n’oblige la France et l’Europe à le faire.

Même au plus fort des grands chantiers, l’économie réunionnaise n’a jamais pu créer 7.300 emplois par an. C’est donc l’illustration qu’un nouveau cadre est nécessaire pour une nouvelle politique. Les 6 et 13 décembre prochains pourraient être le début de la construction de ce nouveau cadre, à condition de faire le bon choix.


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