Edito

Le crépuscule des idoles des médias : après Bello, la route en mer dite NRL

J.B. / 8 avril 2015

Voici à peine un an, la présidente de PLR était, selon des médias, la personnalité politique préférée des Réunionnais. C’était avant les élections municipales. Elle était alors créditée de plus de 60 % des suffrages dès le premier tour pour le scrutin de Saint-Paul. Ce vote n’était alors présenté que comme une formalité par ceux qui ont construit la stature médiatique de Huguette Bello. Mais c’est le peuple qui a décidé et patatras, tout s’est écroulé. Quelques semaines plus tard, le peuple a confirmé lors des Européennes. À Saint-Paul, le candidat soutenu par la présidente de PLR était loin derrière l’Union pour les Outre-mer.

Les 22 et 29 mars 2015, la population a confirmé qu’elle n’était pas en phase avec les médias qui portaient Bello aux nues. Les candidats soutenus par la députée de l’Ouest ont tous été largement battus. Elle avait attribué l’étiquette PLR aux trois conseillers généraux élus grâce aux communistes à Saint-Paul en 2011, revendiquant le monopole des candidatures au détriment de son allié socialiste en 2015. Résultat, elle n’a plus aucun conseiller départemental sous étiquette PLR pour Saint-Paul. Sa défaite est totale, et ses absences des plateaux télé et lors de l’élection de la présidence du Conseil départemental ont été remarquées. Jamais l’assemblée départementale n’a compté autant d’élues, mais la présidente de PLR, par ailleurs présidente de l’UFR depuis 35 ans, a raté ce moment historique pour la cause des femmes.

Qui aujourd’hui s’amuserait encore à dire que Bello est la personnalité politique préférée des Réunionnais, et qu’elle gagnerait sa prochaine élection avec plus de 60 % des suffrages dès le premier tour ?

C’est au tour d’une autre idole des médias de commencer sa descente aux enfers. Un proverbe dit que plus c’est gros, plus ça passe. La NRL correspond tout à fait à la description. Depuis 2010, c’est la ruée des superlatifs pour qualifier le projet pharaonique de Didier Robert. En 2015, cinq ans plus tard, les travaux préparatoires viennent à peine de commencer, la question des matériaux reste une grande inconnue tout comme celle du financement. 5 ans pour en arriver seulement à ce stade… Mais la nouvelle route en mer a déjà battu les records d’impopularité. Elle affronte une montagne de recours, et les retards ont déjà commencé à s’accumuler, sans oublier le passage des gendarmes à la Région Réunion pour avoir des précisions sur les conditions dans lesquelles les juteux marchés ont été attribués.

Au bout de 5 ans, la presse commence alors à douter. La semaine dernière, c’était « le Quotidien » qui avait titré sur un chantier de Nouvelle route du littoral en sursis du fait d’un simple recours de Thierry Robert. Hier, c’est le « JIR » qui publie un dossier sur le littoral réunionnais menacé par l’érosion. Notre confrère n’a pas été jusqu’à citer la NRL dans ces deux pages d’articles, mais tout le monde sait où Didier Robert veut faire construire la route.

Voilà de quoi faire réfléchir les derniers partisans de ce projet.


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