Edito

Le crépuscule des idoles des médias : PLR recule encore plus que le PS, mais qui en parle…

J.B. / 31 mars 2015

Juste après les législatives de 2012, Huguette Bello lance un nouveau parti. Pour le « JIR », c’était une « Machine électorale ». La lecture des articles de presse de l’époque nous rappelle ce que représentait ce parti au moment de sa fondation officielle. C’était lors d’une réunion à la salle Candin à Saint-Denis.

Dénommé PLR, il revendiquait dans ses rangs une députée, trois maires (Saint-Paul, Saint-André, Trois-Bassins) et huit conseillers généraux : 3 à Saint-André, 3 à Saint-Paul, 1 à Sainte-Suzanne et 1 à Trois-Bassins.

A ce moment, Témoignages posait la question. Est-il juste que des personnes élues sous l’étiquette d’un parti en changent en cours de mandat sans démissionner ? Tous avaient eu un mandat du peuple en tant que candidats du PCR ou apparentés, grâce au soutien actif et décisif du Parti communiste réunionnais. En rejoignant PLR, ils ont refusé de demander clairement la confiance de la population en provoquant des élections partielles.

C’est ainsi que pendant deux ans, la direction de ce parti a roulé des mécaniques, portée aux nues par des médias bien complaisants. Il suffit de se rappeler des sondages plaçant constamment la présidente de PLR en tant que personnalité politique préférée des Réunionnais. Une de ces enquêtes d’opinion annonçait même sa réélection dès le premier tour des municipales avec plus de 60 % des voix.

En 2014, PLR a été pour la première fois confronté au suffrage universel. Le résultat était sans appel : tous ses maires sortants ont été battus. Son bastion de Saint-Paul était perdu par la présidente du mouvement. La claque était réelle. Mais pour les médias, l’essentiel était le recul du PCR.

Les 22 et 29 mars, PLR a de nouveau été face au suffrage universel. Au moment de sa fondation, il revendiquait 8 conseillers généraux, il n’a pu en faire élire que 2. C’est donc une perte de 6 élus. Lors de la même élection, les socialistes sont passés de 11 à 6 conseillers, soit une perte de 5 élus. Les médias titrent à l’unisson sur l’effondrement des socialistes qui perdent 5 élus, mais pour PLR qui en perd 6, un de plus, pas un mot.

On aurait pu croire que ce silence témoignait d’un désintérêt sur le devenir d’un parti si ambitieux, finalement réduit à la défensive replié sur une machine municipale.
Mais la pilule est dure à avaler pour ceux qui ont donné tant de crédit à leur création médiatique. Des informations trompeuses sont même véhiculées. Ainsi sur le plateau d’Antenne Réunion hier, un titre revenait sur l’écran : « PLR et PCR tirent leur épingle du jeu ». Comment peut-on mettre sur le même plan un parti qui enregistre un tel recul, et un autre qui voit le nombre de conseillers qu’il soutient progresser ?
La prochaine élection pour ce parti, ce sont les législatives. La position de l’unique parlementaire PLR est considérablement fragilisée aux termes des départementales. Si, comme il faut s’y attendre, PLR perd son député en 2017, va-t-on encore tromper les Réunionnais en y voyant un progrès ? Le crépuscule a bien sonné pour la « machine électorale » de Bello, mais les médias s’accrochent encore à leur idole.


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